Argent libyen : Nicolas Sarkozy maintient son innocence, verdict attendu le 30 novembre

L’ancien président français, jugé en appel dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, a dénoncé un « mensonge » et plaidé son innocence jusqu’à ses derniers mots devant la cour

Le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 s’est achevé ce mercredi devant la cour d’appel de Paris, l’ancien chef de l’État réaffirmant son innocence avant une décision attendue le 30 novembre.

« Cette affaire de prétendu financement libyen de ma campagne a commencé dans le mensonge et dans le complot, elle doit finir dans la vérité et dans la transparence », a déclaré Nicolas Sarkozy dans ses derniers mots devant la cour.

« Monsieur le président, je vous le dis droit dans les yeux, je tiens parce que je suis innocent », a poursuivi l’ancien président, ajoutant : « Je ne peux pas croire qu’un homme soit condamné à sept ans de prison pour des faits qu’il n’a pas commis et contre lequel il n’y a pas de preuve ».

« Je ne demande qu’une chose: être traité comme n’importe qui, être jugé pour ce que j’ai fait, pas ce que je suis », a-t-il également dit après que ses avocats ont plaidé sa relaxe. Il a également évoqué ses 20 jours de détention après sa condamnation en première instance et le risque d’être de nouveau incarcéré après que le parquet général a requis une peine de sept ans de prison à son encontre

« Jamais je ne pourrai avouer quelque chose que je n’ai pas fait », a-t-il encore affirmé, assurant n’avoir « pas reçu un centime d’argent libyen ». « Je n’ai pas trahi la confiance des Français », a également déclaré l’ancien chef de l’État à l’issue de l’audience.

Tout au long de cette dernière journée de procès, ses quatre avocats ont plaidé la relaxe, contestant l’existence d’un pacte de corruption conclu avec le régime de Mouammar Kadhafi en échange d’un financement occulte de la campagne présidentielle de 2007.

L’un de ses conseils, Me Christophe Ingrain, a dénoncé devant la cour un « roman grotesque », estimant que l’accusation reposait sur des hypothèses et non sur des preuves directes. « On ne condamne pas sur une hypothèse », a-t-il déclaré.

Le parquet général avait requis le 13 mai sept ans d’emprisonnement, 300.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité contre Nicolas Sarkozy pour association de malfaiteurs, corruption, financement illégal de campagne et recel de détournement de fonds publics libyens.

Les magistrats de l’accusation décrivent l’ancien président comme « l’instigateur » d’un pacte conclu avec le régime libyen, notamment en contrepartie d’interventions sur le dossier judiciaire d’Abdallah Senoussi, ancien responsable des renseignements libyens condamné en France pour l’attentat contre le DC-10 d’UTA en 1989.

Au cours du procès, la défense de Nicolas Sarkozy a également été fragilisée par plusieurs déclarations attribuées à son ancien secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant, absent pour raisons de santé mais dont des attestations ont été versées au dossier.

Condamné en première instance à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy avait été relaxé des autres infractions liées au financement libyen présumé. Cette condamnation avait conduit à une incarcération de vingt jours à la prison de la Santé, une première pour un ancien président français.

L’affaire, ouverte après des accusations formulées en 2011 par Saïf al-Islam Kadhafi puis alimentée par plusieurs révélations de presse, reste l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles de ces dernières années en France.