Iran : le guide suprême interdit le transfert du stock d’uranium enrichi à l’étranger

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a publié une directive soulignant que le stock d’uranium enrichi du pays ne devait pas être transféré à l’étranger, a rapporté jeudi Reuters en citant deux sources iraniennes de haut rang.

Reuters a ajouté que l’une de ces sources, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat, a déclaré que « la directive du guide suprême, et le consensus au sein des institutions, est que le stock d’uranium enrichi ne doit pas quitter le pays ».

Les sources ont fait savoir que les hauts responsables iraniens estimaient que l’envoi de ce matériau à l’étranger rendrait le pays plus vulnérable à de nouvelles attaques par les Etats-Unis et Israël.

Selon elles, il existe de « gros soupçons » en Iran concernant la pause des hostilités, qui serait une « tromperie tactique » des Etats-Unis pour « créer un sentiment de sécurité » avant une reprise des attaques.

L’une des sources a expliqué que des « formules réalisables » pourraient résoudre le problème de l’uranium enrichi iranien, comme la dilution du stock sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

D’après les estimations de l’AIEA, l’Iran dispose de plus de 440 kg d’uranium enrichi à un degré de pureté de 60%. Ce stock serait sous les décombres des installations nucléaires iraniennes bombardées par les Etats-Unis et Israël pendant les 12 jours de combat en juin 2025.

Par ailleurs, l’Agence de presse des étudiants iraniens (ISNA) a rapporté jeudi que l’Iran préparait sa réponse à la dernière proposition de texte envoyée par les Etats-Unis pour mettre un terme à la guerre.

Selon l’ISNA, la proposition américaine a quelque peu comblé l’écart sur certains sujets de discorde, mais la réduction de ces écarts nécessite la fin de la « tentation de la guerre » de la part des Etats-Unis.

L’Iran est actuellement en train de négocier à Téhéran sur un cadre large, quelques détails, et des mesures de renforcement de la confiance en tant que garanties, a ajouté l’ISNA.

La visite prévue jeudi à Téhéran du chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, a pour objectif de combler les écarts et de préparer l’annonce officielle de l’acceptation d’un mémorandum d’accord, a noté le média.

L’Iran, les Etats-Unis et Israël ont conclu un cessez-le-feu le 8 avril après 40 jours de guerre qui ont débuté le 28 février par des attaques américaines et israéliennes sur Téhéran et d’autres villes iraniennes.

Après la trêve, les délégations iranienne et américaine ont tenu une session de pourparlers de paix dans la capitale pakistanaise Islamabad les 11 et 12 avril, sans parvenir à un accord.

Au cours des dernières semaines, les deux parties auraient échangé plusieurs propositions de plan via le Pakistan pour énoncer les conditions d’une sortie du conflit.