C’est un crève-cœur de voir un Tunisien décrocher une médaille d’or sous les couleurs saoudiennes

C’est un crève-cœur de voir Rami Bilel Rahmouni décrocher une médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar sous les couleurs saoudiennes (cliquez sur ce lien pour voir la vidéo ). Le commentateur saoudien parlait de lui comme s’il s’agissait d’un pur produit de son pays, alors que c’est un pur produit des bassins tunisiens, formé à l’Espérance Sportive de Tunis avant d’intégrer les structures françaises pour se perfectionner et franchir un nouveau palier. Il a poussé l’impudence jusqu’à gommer son nom de famille Rahmouni au profit de son deuxième prénom ou du prénom de son père, Bilel, cherchant ainsi à dissimuler ses origines tunisiennes. L’Arabie Saoudite l’a simplement naturalisé à coups de pétrodollars pour qu’il la représente lors des compétitions sportives.

Le cas Rami Rahmouni n’est pas sans rappeler celui de Kaylia Nemour, cette gymnaste formée par la France avant de concourir pour l’Algérie. Vous me direz que Nemour est la fille d’un père algérien, qu’elle est donc biologiquement algérienne, alors que les parents de Bilel Rahmouni n’ont aucun lien avec l’Arabie Saoudite. Je répondrai que le principe reste exactement le même : je trouve qu’il est on ne peut plus ridicule de récupérer un sportif d’élite « clef en main », façonné par une nation étrangère, sous d’autres cieux, pour ensuite se gargariser après chaque victoire à l’aide de slogans patriotiques creux et débiles.

Un pays qui ne forme pas et se contente de s’approprier un athlète formé sous d’autres cieux n’a absolument aucun mérite.

Pierrot LeFou