En Tunisie, remplir son panier de provisions relève désormais du placement financier de prestige. Pour s’offrir une simple plaquette de beurre de 200 grammes, il faut désormais débourser près d’une dizaine de dinars, tandis que le modeste lot de quatre rouleaux d’essuie-tout de premier prix a eu le bon goût de doubler, passant de 5 à près de 10 dinars en l’espace de quelques mois. Ne parlons même pas de la viande rouge ou des fruits, définitivement promus au rang de produits de luxe, ni de la tomate et du poivron qui tutoient allègrement les 5 dinars le kilo depuis des semaines.
Face à cette flambée généralisée qui n’épargne aucun domaine, à commencer par ces dépenses vitales et incompressibles dont on ne peut se passer, on ne peut que saluer le sens de l’humour de l’Institut National de la Statistique qui continue de nous faire rire avec des taux d’inflation d’une modestie ridicule, visiblement calculés sur un indice des prix à la consommation tout droit sorti d’un monde parallèle.
Pierrot LeFou

