L’Algérie a annoncé dimanche 11 octobre l’arrestation de 61 Marocains soupçonnés de préparer des « actes de sabotage ». Une source officieuse à Rabat, citée par Jeune Afrique, dénonce une « pure affabulation ».
Les autorités algériennes ont annoncé dimanche 11 octobre l’arrestation, début octobre, de 61 ressortissants marocains. Elles les soupçonnent d’avoir projeté des « actes de sabotage » sur le territoire. À Rabat, une source officieuse citée par Jeune Afrique dénonce une « pure affabulation ».
Dans un communiqué relayé par les médias publics, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) décrit « un réseau criminel international marocain ». Elle ne détaille pas les actions qu’il aurait planifiées. Les 61 personnes, dont un ancien militaire de l’armée marocaine, « s’apprêtaient à commettre des actes de sabotage portant atteinte à la sécurité et à l’ordre publics dans le pays », accuse-t-elle.
Selon la DGSN, ces personnes ont atterri en Tunisie avant de gagner l’Algérie. Elles auraient emprunté des « sentiers montagneux escarpés et des passages forestiers isolés dans la région d’El Kala (wilaya d’El Tarf), limitrophe de la frontière tunisienne », détaille-t-elle, citée par Jeune Afrique. Elles se seraient ensuite rendues « par voie terrestre à Oran pour préparer la mise à exécution de leurs plans de sabotage ». Les autorités algériennes parlent d’un réseau criminel organisé « extrêmement dangereux », toujours d’après Jeune Afrique. Elles affirment avoir saisi des passeports et des « sommes d’argent en dirhams marocains et en euros ».
Une version contestée, sur fond de tensions
Jointe par Jeune Afrique, une source officieuse à Rabat conteste cette version. Elle y voit un « scénario sécuritaire monté de toutes pièces par les autorités algériennes après l’arrestation de candidats à l’émigration clandestine, le but étant de faire passer un groupe de migrants marocains pour une pseudo-cellule subversive ». Ces migrants cherchaient vraisemblablement à rejoindre l’Europe par l’intermédiaire de réseaux de passeurs installés dans la région d’Oran, avance la même source. Plusieurs dizaines de Marocains arrêtés alors qu’ils tentaient d’émigrer illégalement sont aujourd’hui détenus en Algérie, rapporte Jeune Afrique.
Les relations entre l’Algérie et le Maroc connaissent de fortes tensions depuis des années. En 2021, Alger a rompu ses relations diplomatiques avec son voisin.
Les deux pays s’opposent notamment sur la question du Sahara occidental, que Rabat considère comme faisant partie intégrante de son territoire tandis qu’Alger soutient le Front Polisario et le droit à l’autodétermination des Sahraouis. À ces différends s’ajoutent des accusations réciproques d’ingérence, des contentieux sécuritaires et une fermeture de la frontière terrestre depuis 1994.

