Le Premier ministre israélien a demandé l’ouverture d’une enquête à l’encontre des participants au film « NAZA » en vue « de les poursuivre en justice »
Benjamin Netanyahu annonce avoir saisi le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, le directeur du Shin Bet, David Zini, et la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara. Il réclame l’ouverture d’une enquête contre les participants au film et leur traduction en justice pour de présumées infractions graves à la protection des informations sensibles, diffamation pénale et atteinte aux intérêts diplomatiques et sécuritaires d’Israël.
Près d’un mois après que le ministre de la Culture israélien a souhaité déchoir de leur nationalité les réalisateurs de NAZA, c’est au tour de Benjamin Netanyahu de s’attaquer au film documentaire. Le Premier ministre israélien réclame l’ouverture d’une enquête contre les membres des forces de sécurité qui témoignent anonymement dans le long métrage.
Récompensé à la Mostra de Venise
Primé à Venise, le documentaire NAZA repose sur les témoignages anonymes de 24 membres de l’armée et des services de renseignement israéliens qui exposent la façon dont, selon eux, les forces israéliennes tuent intentionnellement de nombreux civils lors de frappes contre le mouvement islamiste Hamas à Gaza. NAZA est l’acronyme militaire israélien désignant les « dommages collatéraux » estimés avant chaque frappe, selon le documentaire.
Récompensé du Prix du jury à la Mostra de Venise, le film y a été accueilli par une ovation record de 25 minutes mais a déclenché une tempête politique en Israël, où les réalisateurs Yuval Abraham et Rachel Szor ont été accusés de « trahison » par des ministres et menacés d’être déchus de leur nationalité israélienne. « Ce film raconte un récit mensonger, trompeur et tendancieux, qui diffame l’État d’Israël et l’armée à travers le monde », a dit M. Netanyahu, selon ce communiqué.

