Téhéran se pose en médiateur face à l’escalade saoudo-houthie

Téhéran propose de faciliter un dialogue entre Riyad et les Houthis et affirme qu’il n’existe «pas de solution militaire» au conflit. L’Iran tente de transformer son influence sur le mouvement yéménite en levier. Cette initiative intervient au moment où l’Iran négocie avec Washington et cherche à renforcer sa position dans l’ensemble du Golfe.

L’Iran cherche désormais à s’imposer comme médiateur dans l’escalade entre l’Arabie saoudite et les Houthis. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé son homologue saoudien, Faisal ben Farhan, pour lui proposer son aide afin d’ouvrir un dialogue entre Riyad et le mouvement yéménite. Téhéran affirme qu’il n’existe « pas de solution militaire » aux crises qui secouent la région.

Cette initiative intervient après plusieurs frappes meurtrières contre l’Arabie saoudite, notamment l’attaque contre l’aéroport King Khalid de Riyad, qui a fait au moins 13 morts et plus de 300 blessés. En réponse, la coalition saoudienne a intensifié ses opérations contre les Houthis au Yémen, tandis que les combats se durcissent autour de Taëz et sur la côte de la mer Rouge.

Une carte dans les négociations

Les Houthis entretiennent depuis des années des liens militaires et politiques étroits avec Téhéran, qui leur a fourni soutien, expertise et technologies. Mais ils disposent également d’une autonomie réelle et ne sont pas de simples exécutants de l’Iran. En proposant sa médiation, Téhéran cherche à transformer cette influence en levier diplomatique et à se présenter comme un acteur capable de contenir l’escalade.

L’offre intervient également alors que l’Iran négocie lui-même avec les États-Unis sur le détroit d’Ormuz, les sanctions et son programme nucléaire. Se présenter comme médiateur au Yémen peut ainsi renforcer sa position dans un rapport de force régional beaucoup plus large.

Riyad reste pour l’instant prudent. Le communiqué saoudien confirme l’échange entre les deux ministres mais ne reprend pas publiquement l’offre de médiation iranienne. Pour Téhéran, l’enjeu est clair : montrer qu’après avoir longtemps été accusé d’alimenter les conflits régionaux, il peut désormais aussi contribuer à leur règlement.

RT