ViaTunisia : 1 050 km sous la mer… mais peut-être des milliards au-dessus de la mer

La Tunisie vient de recevoir plus qu’un câble.

ViaTunisia, le câble sous-marin en fibre optique qui relie Bizerte à Marseille sur environ 1 050 km, peut devenir pour notre pays ce qu’un grand port ou un grand aéroport représente pour le commerce mondial.
Un port fait entrer les marchandises.

Un aéroport fait circuler les passagers.

Un câble sous-marin fait circuler la richesse invisible du XXIe siècle : les données.

Aujourd’hui, les données valent de l’argent. Elles créent des emplois. Elles attirent les investisseurs. Elles alimentent l’intelligence artificielle, les data centers, le cloud, la cybersécurité, la finance numérique, l’éducation, la santé digitale et les services internationaux.

La vraie question est simple :

La Tunisie va-t-elle utiliser ViaTunisia comme un simple câble Internet ?

Ou va-t-elle en faire une véritable autoroute économique nationale ?

Avec une vraie stratégie, ce câble peut devenir un moteur de chiffre d’affaires, d’emplois et de souveraineté.

L’objectif doit être clair :

Attirer des data centers internationaux.

Créer des milliers d’emplois qualifiés pour les jeunes.

Générer, à moyen terme, des centaines de millions de dinars par an dans les services numériques.

Viser, à long terme, un écosystème capable de dépasser 1 milliard de dinars de valeur annuelle autour du cloud, de l’IA, de la cybersécurité, des services offshore et de l’économie de la donnée.

Former 50 000 à 100 000 jeunes Tunisiens aux métiers du futur : développeurs, ingénieurs cloud, techniciens fibre optique, experts cybersécurité, analystes de données, opérateurs de data centers, spécialistes IA.

Mais rien ne viendra tout seul.

Un câble sans stratégie reste un tuyau vide.

Il faut maintenant une décision nationale forte :

Une zone numérique spéciale.

Des data centers alimentés par l’énergie solaire tunisienne.

Un cadre fiscal attractif pour les investisseurs technologiques.

Une formation massive de la jeunesse.

Une vraie politique de souveraineté des données.

Une connexion directe entre les universités, les start-up, les entreprises, l’administration et les marchés internationaux.

La Tunisie a une position unique : proche de l’Europe, ouverte sur l’Afrique, liée au monde arabe, au cœur de la Méditerranée.

ViaTunisia peut faire de notre pays un pont numérique entre trois mondes : l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.

Mais il faut agir vite.

Dans l’économie numérique, les pays qui dorment ne prennent pas seulement du retard.

Ils disparaissent de la carte économique.

La jeunesse tunisienne ne demande pas seulement des discours.

Elle demande des opportunités, des formations, des plateformes, des projets, des financements et une vraie place dans l’économie mondiale.

ViaTunisia n’est pas seulement un câble.

C’est peut-être un port numérique.
C’est peut-être un aéroport de la donnée.
C’est peut-être une nouvelle porte d’entrée de la Tunisie dans l’économie mondiale.

À condition de ne pas rater cette chance.
La Tunisie mérite une grande vision.
Et sa jeunesse mérite un avenir construit ici, depuis la Tunisie, vers le monde.

Mohamed Ayachi Ajroudi