L’ère des bases militaires américaines permanentes dans le Golfe touche à sa fin. La résilience de l’Iran et ses contre-attaques dévastatrices sont le principal moteur de ce changement radical, rapporte Middle East Eye.
Les vastes bases américaines, autrefois destinées à dissuader les frappes, sont désormais devenues des cibles privilégiées, comme l’ont clairement démontré les récentes hostilités avec l’Iran.
Lorsque de nouveaux combats ont éclaté la semaine dernière, l’Iran a lancé des frappes sur le Koweït en réponse aux attaques américaines. Bien que les États-Unis se soient vantés d’avoir réussi des interceptions, l’imagerie satellite a révélé des dégâts sur la base aérienne Ali al-Salem, et un terminal de l’aéroport international du Koweït a été touché.
Un recentrage vers une présence plus réduite et plus agile
Des responsables américains, actuels et anciens, ont déclaré à Middle East Eye que la présence américaine sur les bases au Koweït est désormais intenable.
♦️ Le Koweït accueille actuellement environ 14 000 soldats américains – plus que partout ailleurs dans la région – sur des bases telles que Camp Arifjan et Ali al-Salem, toutes deux fortement ciblées.
♦️ Au lieu d’investir massivement dans le renforcement de ces installations, les États-Unis ont finalement opté pour l’évacuation de leur personnel.
♦️ Le nombre limité de systèmes de défense aérienne aurait rendu impossible une protection complète.
L’attention devrait désormais se porter sur des installations plus petites et plus dispersées, plus éloignées de l’Iran, sur le modèle de la zone de soutien logistique Jenkins, près de Yanbu, sur la côte saoudienne de la mer Rouge. Cette base aurait été conçue pour offrir une « profondeur stratégique » hors de portée de l’Iran.
Selon des sources de la Défense, la guerre contre l’Iran incitera les États-Unis à abandonner un modèle de « présence permanente » au profit d’une approche d’« accès prioritaire », similaire au modèle omanais. Les accords conclus par les États-Unis avec les pays du Golfe sont déjà très disparates : la présence permanente de bases navales au Koweït, à Bahreïn et au Qatar contraste fortement avec la présence plus légère d’Oman, qui l’a relativement épargné.
Par ailleurs, le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz a engendré d’importantes difficultés de soutien logistique pour la Cinquième flotte américaine et pour des ports comme Jebel Ali aux Émirats arabes unis. Ceci explique pourquoi les États-Unis explorent désormais des itinéraires logistiques alternatifs, notamment des ports comme Jizan sur la mer Rouge.
Fabrice Ribère


