Des manifestations anti-migrants tournent à la violence à Ceuta

Une manifestation organisée par les habitants de l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, pour protester contre la présence de migrants sur le territoire après la vague migratoire survenue fin juillet a dégénéré en affrontements. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a appelé au calme et à la « cessation de toute forme de violence »

L’enclave espagnole de Ceuta connaît, depuis le jeudi 27 août, des manifestations violentes. Les habitants dénoncent des problèmes liés à la sécurité et demandent le départ des migrants arrivés lors de la crise migratoire survenue les 30 et 31 juillet. « La violence n’est pas la solution », a plaidé vendredi 28 août le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska.

« J’appelle au calme et à la cessation de toute forme de violence, car (…) la violence n’est pas la solution pour résoudre un problème aussi complexe » que celui auquel est confronté le petit territoire espagnol du nord de l’Afrique de 18,5 km2, a déclaré Fernando Grande-Marlaska devant le Congrès réuni à Madrid.

« Nul ne peut ni ne doit se faire justice soi-même », a aussi déclaré vendredi le président du gouvernement local de Ceuta Juan Vivas (Parti populaire, droite) dans une déclaration solennelle, rejetant « avec la plus grande fermeté l’usage de quelque forme de violence que ce soit », tout en estimant « légitimes et pleinement justifiées les manifestations » qui exigent le « retour à la normalité » de l’enclave.

Des dizaines de milliers de migrants ont forcé les accès à Ceuta depuis le Maroc les 30 et 31 juillet, et bien que la plupart soient repartis, une partie – 5 000 selon le gouvernement central de gauche, 10 000 selon les autorités de Ceuta – demeure dans l’enclave de quelque 80 000 habitants, errant dans les rues et dormant dans des camps improvisés ou sur les plages.

Des manifestations violentes

Les manifestations des habitants de Ceuta, qui demandent leur départ, ont pris de l’ampleur et ont dégénéré ces derniers jours en violences. Jeudi, des heurts ont eu lieu sur une plage où campent des migrants, dont des effets personnels ont été incendiés.

Le même jour, un soldat a été blessé lorsqu’un véhicule militaire a été attaqué à coups de pierres par environ 70 migrants, dont 12 Marocains qui ont été arrêtés. Deux autres migrants marocains ont été arrêtés jeudi également après avoir agressé un agent de la Garde civile, a confirmé vendredi à l’AFP une source proche de l’enquête.

La nuit de jeudi à vendredi s’est cependant déroulée sans incident.

Devant les députés, Fernando Grande-Marlaska a fustigé l’extrême droite et la droite, les accusant de diffuser de fausses informations, « de chercher à tirer profit politiquement de la situation ou, pire encore, d’inciter à la haine et à la confrontation entre personnes dans les rues de Ceuta ».

La droite et l’extrême droite exigent le renvoi de tous les migrants encore présents à Ceuta.

Le gouvernement de gauche a averti que les migrants devaient, dans un premier temps, être identifiés un par un pour déterminer s’ils ont droit à l’asile ou peuvent être renvoyés. Un processus qui prend du temps.

Le ministre de l’Intérieur, qui a reconnu que l’entrée massive de migrants à Ceuta il y a un mois était « l’un des plus grands défis récents » de l’Espagne en matière migratoire, a admis que la situation restait toujours une « urgence ».

Avec France24 et afp