Allah lui-même, s’il regardait le tableau de cette umma , finirait par perdre la foi.

Demain c’est la rentrée des classes. Le pays qui a éradiqué l’ignorance sous Bourguiba a réussi l’exploit inverse : 17,3% d’analphabètes en 2024 selon le RGPH, dont 146.000 jeunes qui ne savent ni lire ni écrire

On perd en moyenne 300 élèves par jour, 100.000 par an, qui quittent l’école comme on fuit un naufrage.

Une école sans rien : 527 écoles primaires, soit 12% du parc, n’ont pas d’eau potable. 1.354 écoles sur 4.577 non raccordées au réseau SONEDE et près 1.000 sans clôture ou quand elles en ont une, elle s’écroule sur les gamins . On recense encore 128 écoles primaires sans sanitaires

Pendant ce temps, le business du paradis bat son plein.c’est que nous tunisiens nous avons le sens des priorités. On compte plus de 6.000 mosquées pour 4.500 écoles primaires, et chaque quartier qui n’a pas d’eau potable a au moins trois minarets flambant neufs, climatisés, avec marbre. Les citoyens se ruinent pour construire la maison de Dieu, mais laissent les maisons du savoir sans chiottes. On finance le tapis moelleux pour s’agenouiller, pas le savon pour que les gamins se lavent les mains. C’est logique : le calcul est comptable, pas moral. Une école te donne un citoyen qui réfléchit. Une mosquée te donne, pense-t-on, une place au Paradis. L’investissement est plus rentable.

Au final, le Tunisien ne croit plus en l’État, ni en l’école, ni en l’avenir de ses enfants. Il ne croit qu’en une transaction immobilière céleste : je te construis un minaret, tu me files les clés du Paradis. Il y a fort à parier qu’Allah lui-même, s’il regardait le tableau de cette umma , finirait par perdre la foi.

L’agitateur