Communiqué de solidarité avec l’organisation “Avocats Sans Frontières”

Le Comité pour le respect des droits humains et des libertés en Tunisie exprime sa solidarité avec la représentation tunisienne de l’organisation internationale « Avocats Sans Frontières ». Il exprime également son soutien à l’ensemble des personnes qui y travaillent. Le Comité affirme aussi sa solidarité avec les victimes de violations des droits humains qui ont trouvé auprès de cette organisation un espace d’écoute, d’accompagnement et de défense de leurs droits et libertés.

Le gel des activités de l’organisation « Avocats Sans Frontières » ne vise pas uniquement une structure indépendante. Il touche aussi l’une des principales organisations actives dans l’espace civique tunisien. Cette décision cible également les victimes accompagnées par l’organisation, ainsi que toutes les personnes qui ont trouvé dans son travail un soutien juridique et un appui face aux violations.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de répression continue contre les associations et les organisations indépendantes. Les pressions administratives, financières et judiciaires se multiplient. Le pouvoir cherche à affaiblir l’espace civique et à faire taire les voix critiques et indépendantes. Cette attaque vise plus largement toutes les structures, collectifs et personnalités qui continuent de défendre les droits et les libertés en Tunisie.

Depuis le coup de force du 25 juillet, et même avant, l’organisation « Avocats Sans Frontières » n’a jamais cessé de défendre un espace politique et civique démocratique. Elle a continué à agir pour une justice indépendante, équitable et intègre. Malgré les intimidations et les pressions, l’organisation poursuit son travail d’accompagnement des victimes et sa défense du droit à un procès équitable, de la liberté d’expression et de l’indépendance de la justice.

Ce que subissent aujourd’hui « Avocats Sans Frontières », la Ligue tunisienne des droits de l’Homme avant elle, ainsi que de nombreuses organisations indépendantes, montre clairement la direction prise par le pouvoir. Le régime de Kaïs Saïed cherche de plus en plus à criminaliser le travail associatif indépendant. L’administration et la justice sont progressivement utilisées comme des outils de pression politique et de répression contre les voix critiques et opposantes.

Le chemin emprunté par ce régime ne fait plus aucun doute. Menaces, campagnes de haine et de diffamation, harcèlement administratif et financier, suspension d’activités, tentatives de dissolution : le pouvoir multiplie les attaques contre les espaces indépendants. Malgré cette répression, la société civile tunisienne continuera de lutter pour les libertés, pour une justice indépendante, pour un véritable État de droit et pour une vie digne.

En conséquence, le Comité pour le respect des droits humains et des libertés en Tunisie :

affirme sa solidarité totale avec l’organisation « Avocats Sans Frontières » ;
renouvelle sa solidarité avec la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et avec toutes les associations et organisations prises pour cible en raison de leur indépendance et de leurs positions ;
condamne fermement la politique de répression menée contre la société civile et les tentatives d’intimidation des défenseur·es des droits humains ;
exige l’annulation immédiate de la décision de suspension visant « Avocats Sans Frontières » et l’arrêt des poursuites et pressions administratives contre les structures indépendantes ;
appelle au respect des libertés associatives, de la liberté d’expression et du droit d’organisation, des droits fondamentaux que le pouvoir ne peut confisquer.

CRLDHT