L’Iran a annoncé lundi avoir répondu à une nouvelle proposition des États-Unis visant à sortir de l’impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre. Alors que Donald Trump avait proféré de nouvelles menaces d’anéantissement de l’Iran dimanche, il a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre le pays, en réponse à une demande de dirigeants du Golfe. Selon lui, des « négociations sérieuses » avaient lieu avec Téhéran.
« Nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine », a déclaré lundi 18 mai le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï, lors d’un point presse, ajoutant que les échanges se poursuivaient avec Washington « via le médiateur pakistanais ». L’Iran est cependant « pleinement prêt à toute éventualité », a-t-il ajouté, au lendemain de nouvelles menaces de Donald Trump.
En affirmant que des « négociations sérieuses » avaient lieu avec Téhéran, le président américain a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l’Iran prévue mardi 19 mai, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe.
Le président américain a toutefois ajouté que les États-Unis se tiennent prêts à lancer une « attaque totale et à grande échelle contre l’Iran à tout moment, si un accord acceptable n’était pas trouvé » avec Téhéran, dans un message sur son réseau Truth Social. Car le milliardaire avait promis dimanche qu’il « ne restera rien » de l’Iran si un accord n’est pas trouvé, laissant entrevoir une reprise prochaine des frappes et la fin de la fragile trêve.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord, mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire. Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.
Un organisme iranien pour gérer le détroit
Sur le terrain, Téhéran continue de contrôler le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, tandis que l’armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens. L’Iran a d’ailleurs formalisé lundi la création d’un nouvel organisme pour la gestion du détroit. L’Autorité du détroit du Golfe Persique (#PGSA) a désormais son compte officiel, où elle fournira « des mises à jour en temps réel sur les opérations » dans le détroit. Une annonce partagée par le Conseil suprême de sécurité nationale et la Marine des Gardiens de la Révolution.
L’Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie. « L’équipe de négociation iranienne a fermement défendu ces points à chaque séance de pourparlers », a souligné le porte-parole, insistant aussi sur le versement de réparations pour la guerre, jugée « illégale et sans fondement ».
Négociations dans l’impasse
Dimanche, des médias iraniens avaient dénoncé les « conditions excessives » imposées par les États-Unis dans leur dernière offre. Selon l’agence Fars, ils exigent que l’Iran ne maintienne qu’un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d’uranium hautement enrichi aux États-Unis Washington a également refusé de débloquer « ne serait-ce que 25 % » des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l’Iran pendant la guerre, selon la même source.
Selon une analyse réalisée par l’agence Reuters, la guerre a déjà coûté au moins 25 milliards de dollars aux entreprises du monde entier et la facture ne cesse de s’alourdir. L’examen des communiqués publiés depuis le début du conflit par des sociétés cotées aux États-Unis, en Europe et en Asie offre un aperçu saisissant des répercussions de la crise. Les entreprises sont ainsi globalement confrontées à la flambée des prix de l’énergie, à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et à des coupures de routes commerciales dues au blocage du détroit d’Ormuz.

