Ezzedine al-Haddad , chef de la branche armée du Hamas tué par une frappe israélienne

L’armée israélienne a annoncé, ce samedi, qu’elle avait tué la veille, à Gaza, le chef de la branche armée du Hamas, Ezzedine al-Haddad, lors d’une frappe ciblée. Un membre de la branche armée du Hamas a également fait état de la mort de son chef.

Israël le considérait comme « le plus haut responsable militaire de l’organisation islamiste Hamas et le dernier dirigeant de haut rang du Hamas encore présent dans la bande de Gaza à avoir participé à l’organisation du massacre du 7-Octobre ». Ezzedine al-Haddad a été tué par une frappe ciblée dans la bande de Gaza, ont annoncé samedi 16 mai l’armée israélienne et le mouvement palestinien, au lendemain d’une frappe l’ayant visé.

L’armée israélienne et le Shin Bet, le renseignement intérieur, ont annoncé « que le terroriste Ezzedine al-Haddad a été éliminé », selon un communiqué israélien, une information également confirmée à l’AFP par deux responsables du Hamas.

Il « a été assassiné lors d’une frappe israélienne visant un appartement résidentiel et un véhicule civil hier (vendredi) à Gaza », a indiqué l’un d’entre eux. Un membre de la branche armée du Hamas a également fait état de la mort de son chef.

Le ministère israélien de la Défense avait annoncé vendredi avoir ciblé Ezzedine al-Haddad, sans confirmer dans l’immédiat la mort de celui qu’il avait présenté comme un « terroriste de premier plan » et « l’un des principaux architectes du massacre du 7 octobre » 2023.

La Défense civile de Gaza, une organisation de secouristes sous contrôle du Hamas, avait, pour sa part, indiqué qu’une personne avait été tuée et une vingtaine d’autres blessées après que des avions de combat avaient « bombardé un immeuble résidentiel » dans le quartier d’Al-Ramal dans la ville de Gaza.

La télévision israélienne a diffusé des images montrant un immeuble en feu à Gaza, affirmant qu’il s’agissait du lieu où Ezzedine al-Haddad avait été pris pour cible.

​Le Hamas ‌a accusé Israël de tenter d’obtenir par des assassinats ce qu’il n’avait ⁠pas réussi à obtenir par la voie militaire. Des funérailles ont été organisées samedi matin à la mosquée des martyrs d’Al Aqsa, dans le centre ‌de la ville de Gaza, en hommage au chef militaire, à sa femme et ⁠à leur fille de 19 ans.

Représailles

Le ministère israélien de la Défense accusait Ezzedine al-Haddad d’être « responsable des meurtres, des enlèvements et des souffrances infligées à des milliers de civils israéliens et de soldats de l’armée israélienne ».

« Il a maintenu nos otages dans des conditions de captivité brutales, a orchestré des attentats terroristes contre nos forces et a refusé d’appliquer l’accord proposé par le président américain Donald Trump, visant au désarmement du Hamas et à la démilitarisation de la bande de Gaza », a-t-il ajouté vendredi.

La branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, a mené l’attaque du 7 octobre 2023 contre des localités du sud d’Israël, qui a fait 1 221 morts selon les autorités israéliennes. Elle avait également enlevé 251 otages, emmenés à Gaza.

La campagne militaire de représailles menée par Israël a dévasté la bande de Gaza et fait des dizaines de milliers de morts.

Une trêve est entrée en vigueur le 10 octobre 2025 dans le territoire, dont une partie est contrôlée par le Hamas et l’autre par l’armée israélienne.

Né en 1970, Ezzedine al-Haddad avait pris le commandement de la branche armée du Hamas en mai 2025, après la mort de son prédécesseur, déjà dans une frappe israélienne, d’après la source au sein du mouvement islamiste.

Il avait auparavant survécu à six tentatives d’assassinat menées par Israël, a-t-elle précisé.

À l’origine de la création des services de sécurité du Hamas, il était chargé de superviser les échanges entre otages détenus à Gaza et prisonniers palestiniens.

« Haddad a ouvertement violé le cessez-le-feu en vigueur en s’employant à rétablir les capacités de la branche militaire de l’organisation terroriste, en planifiant de nombreuses attaques contre des civils israéliens et des soldats de l’armée israélienne, et en refusant de désarmer », selon un responsable militaire israélien.

Pendant la guerre, il « a changé de cachette à de multiples reprises », selon la même source.

Israël a revendiqué la mort de plusieurs hauts dirigeants du Hamas, dont Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, tué le 16 octobre 2024 et considéré comme le cerveau des attaques du 7-Octobre.

L’armée israélienne avait aussi tué en juillet 2024 Mohammed Deif, commandant en chef des Brigades Ezzedine Al-Qassam et autre tête pensante des attaques.

Les frappes israéliennes ont aussi visé des dirigeants du Hamas à l’étranger, ainsi que des hauts commandants du Hezbollah alliés au groupe, dont l’ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Agences