L’Afreximbank, qui tiendra son assemblée annuelle la semaine prochaine en Égypte, publie très peu d’informations sur les conditions financières de ses prêts ou sur les garanties qu’elle exige de ses emprunteurs.
L’institution n’en est pas moins fière d’annoncer qu’elle a reçu une distinction pour ce qu’elle présente comme le « Best Sovereign Loan » : le prêt de 500 millions de dollars accordé à la Tunisie.
Une question demeure toutefois : meilleur prêt pour qui ?
Dans le cas tunisien, les informations disponibles indiquent que la Banque Centrale de Tunisie est tenue d’immobiliser des montants considérables sous forme de dépôts de garantie auprès du prêteur.
Ainsi, sur deux prêts totalisant 1,2 milliard de dollars, près de 750 millions de dollars seraient maintenus en dépôt pendant plusieurs années.
Un nouveau prêt de 500 millions de dollars vient d’être approuvé. Sa signature pourrait intervenir à l’occasion des réunions de la semaine prochaine. À quelles conditions ? Pour l’instant, aucune information publique détaillée n’est disponible.
Paradoxalement, l’institution semble mieux maîtriser les mécanismes de ses prêts que l’histoire monétaire de son client. Dans une récente présentation consacrée à la Tunisie, elle indique que le dinar tunisien a été créé en 1960, alors qu’il a été institué en 1958.
Une institution peu transparente sur les conditions de ses prêts et approximative sur l’histoire monétaire de son client.
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L’Afreximbank tiendra son assemblée annuelle la semaine prochaine en Égypte.
Il s’agit pourtant de l’une des rares institutions financières multilatérales où l’information la plus élémentaire demeure difficile d’accès. Sur son site internet, il est pratiquement impossible d’obtenir des informations détaillées sur les prêts accordés, leurs conditions financières ou les garanties exigées. Quant aux rapports annuels, le dernier disponible remonte à 2024 et ressemble davantage à une brochure promotionnelle qu’à un véritable exercice de transparence financière.
L’ironie est que la banque met fièrement en avant les distinctions qu’elle reçoit. Parmi elles figure un prix récompensant le « Best Sovereign Loan: Tunisia’s US$500 Million Loan ». Autrement dit, un prêt dont les conditions apparaissent particulièrement onéreuses pour la Tunisie est présenté comme un modèle de réussite financière.
Créée pour financer et promouvoir le commerce intra-africain, l’Afreximbank s’est progressivement transformée, dans le cas tunisien, en prêteur de dernier ressort. Cette évolution s’est accompagnée de conditions de financement inédites imposées à la Banque Centrale de Tunisie (BCT), notamment l’obligation de maintenir auprès de la banque une part substantielle des montants empruntés sous forme de dépôts de garantie.
Dans une série d’articles, nous avons détaillé le coût réel de ces mécanismes de financement
Ainsi, sur deux prêts identifiés totalisant 1,2 milliard de dollars, la BCT est tenue de maintenir 750 millions de dollars en dépôts auprès de l’Afreximbank pendant plusieurs années.
Le nouveau prêt de 500 millions de dollars récemment approuvé sera probablement finalisé à l’occasion des réunions de la semaine prochaine.
À quelles conditions ?
Pour l’instant, circulez, il n’y a rien à voir.
La seule consolation est que l’on ne peut pas reprocher à l’Assemblée des représentants du peuple d’être une simple chambre d’enregistrement des emprunts extérieurs. Sur ce dossier, elle semble avoir été purement et simplement court-circuitée.
Quant à l’Afreximbank, elle paraît parfaitement informée sur son client tunisien. Une présentation récente de l’institution indiquait que le dinar tunisien avait été créé en 1960, alors qu’il a été institué en 1958. Une erreur révélatrice pour une institution qui prétend connaître en profondeur les économies africaines qu’elle finance.
Une institution peu transparente sur les conditions de ses prêts et approximative sur l’histoire monétaire de son client .
Sadok Rouai
Illustration haut de page : Kaïs Saïed, a reçu , le 25 novembre 2025, au palais de Carthage, George Elombi, nouveau président de la Banque africaine d’export-import Afreximbank et président de son conseil d’administration,

