Le président des Etats-Unis a annoncé jeudi avoir trouvé un « très bon accord » avec l’Iran, qui pourrait être signé en Europe prochainement. Mais Téhéran a indiqué n’être toujours pas arrivé à une « conclusion définitive ».
Vers l’apaisement ? Donald Trump a assuré jeudi 11 juin qu’un « très bon accord » avait été trouvé avec l’Iran, évoquant même une possible signature en Europe dès « ce week-end ». De ce fait, le président américain a décidé d’annuler des frappes américaines qu’il avait menacé de lancer dans la soirée de jeudi contre l’Iran.
Téhéran a indiqué ce vendredi ne pas avoir encore tranché sur l’accord annoncé par le président américain pour mettre fin à la guerre.
• « Un très bon accord », assure Trump
« Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », a déclaré jeudi le président américain depuis le Bureau ovale.
Le dirigeant républicain a dit penser que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu’il a qualifié « d’accord-cadre très solide » avec les Etats-Unis et avancé que son vice-président, JD Vance, le signerait possiblement dès « ce week-end ».
Avant d’assurer avoir trouvé un terrain d’entente, Donald Trump avait promis jeudi de frapper « très fort » l’Iran dans la soirée, menaçant notamment de « prendre l’île de Kharg », son principal terminal pétrolier. Mais « prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d’Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes », il a annoncé plus tard avoir « annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l’Iran », sur son réseau Truth Social. Mardi 9 juin, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l’Iran, pour la 38ᵉ fois depuis le début du conflit, selon un décompte de CNN.
• Pas encore de « conclusion définitive » sur l’accord selon l’Iran
La diplomatie iranienne a toutefois assuré peu après que Téhéran n’avait pas encore décidé de signer. « Jusqu’à présent, l’Iran n’a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l’accord », a déclaré le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d’Etat iraniens.
• Les contours encore flous du possible accord
Donald Trump n’a donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n’est qu’il assurait une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz après la signature, et l’impossibilité pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Selon un message sur X du bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait « l’élimination de l’uranium enrichi » de Téhéran.
Pour ce qui est du détroit, l’autorité maritime iranienne, qui verrouille le passage depuis le début du conflit le 28 février, avait annoncé jeudi le fermer totalement « jusqu’à nouvel ordre ». Là où une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisée. Cette annonce de fermeture est une réponse aux récents bombardements américains sur le territoire iranien, tout comme les tirs de missiles envoyés par l’Iran sur Bahreïn et la Jordanie.
De son côté, Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort à part. Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, les opérations israéliennes ont tué plus de 3 700 personnes, principalement dans le sud du Liban, où son armée occupe désormais une partie du territoire. C’est d’ailleurs suite aux frappes israéliennes sur Beyrouth que le conflit avait repris en intensité entre les Etats-Unis et l’Iran, qui a lancé dimanche des missiles sur Israël.
• L’Egypte appelle à se saisir de « l’opportunité »
L’Egypte a appelé Washington et Téhéran à saisir « l’opportunité » d’un accord pour mettre fin à la guerre, après l’annulation des frappes sur l’Iran.
Le ministère des Affaires étrangères égyptien a dit espérer « que l’opportunité qui se présente sera saisie pour parvenir à un accord sur les différentes questions en suspens et préparer le terrain à la fin de la guerre et au début d’une nouvelle phase de stabilité régionale », dans un communiqué publié tard jeudi.
• Le pétrole en baisse
Cet espoir de résolution du conflit a entraîné à la baisse le pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédant 1,11 % à 89,37 dollars vers 2h30 GMT.
Rassérénés, les marchés asiatiques bondissent aussi ce vendredi matin, l’indice Nikkei à Tokyo grimpant de presque 4 %, et le Kospi à Séoul flambant de plus de 7 %.

