La Fédération internationale des journalistes condamne la peine de quatre ans de prison infligée au journaliste Zied El-Heni

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour condamner la peine de quatre ans de prison infligée au journaliste Zied El-Heni, membre fondateur du SNJT, dans l’affaire dite des « enregistrements fuités ». Le journaliste a comparu à distance depuis la prison de la Mornaguia, sans pouvoir assister aux plaidoiries de ses avocats.

Le 27 octobre, la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a condamné le journaliste Zied El-Heni pour plusieurs infractions liées au terrorisme, notamment la constitution d’une organisation terroriste, la diffusion d’informations, la non-dénonciation d’une infraction terroriste et des contacts présumés avec des agents d’un État étranger.

Les faits qui lui sont reprochés concernent notamment une demande de vérification d’une information ainsi que son refus de remettre son téléphone aux autorités en l’absence d’un mandat, afin de préserver la confidentialité de ses sources. Selon les informations communiquées à la FIJ, Zied El-Heni a comparu par visioconférence depuis la prison de la Mornaguia. Ses avocats, qui n’avaient pas été informés de son absence physique à l’audience, n’ont pas été en mesure de plaider en sa présence.

La FIJ avait déjà réclamé sa libération dans unprécédent communiqué. Lors de son Congrès du centenaire, organisé à Paris en avril 2026, elle avait également adopté à l’unanimité unemotion de solidarité avec les journalistes emprisonnés en Tunisie. Cette condamnation marque une nouvelle escalade dans les poursuites visant les journalistes en Tunisie. En assimilant des actes liés à la vérification de l’information et à la protection des sources à des infractions terroristes, les autorités font peser une menace directe sur la liberté de la presse et le droit du public à être informé. Le recours à la législation antiterroriste contre un journaliste fait peser une menace directe sur la liberté de la presse et le droit du public à être informé.

Zied Dabbar, président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et vice-président de la FIJ, adénoncé une affaire « montée de toutes pièces » et un procès inéquitable, tenu sans plaidoiries et sans que le journaliste comparaisse en personne. « Nous demandons la révision du jugement, l’arrêt des poursuites visant les journalistes tunisiens et la protection du secret des sources. »

« Condamner Zied El-Heni à quatre ans de prison pour terrorisme revient à détourner la législation antiterroriste de son objectif pour réprimer le journalisme. La protection des sources est une garantie essentielle de la liberté de la presse, pas une infraction pénale. Nous demandons aux autorités tunisiennes de mettre fin à cet acharnement judiciaire et de libérer immédiatement et sans condition Zied El-Heni », déclare Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ.

La FIJ invite les journalistes et les défenseurs de la liberté de la presse à signer et à relayer la pétition exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de Zied El-Heni.

Source : FIJ