Le parti du candidat conservateur Flavio Bolsonaro a reconnu lundi 26 octobre la réélection surprise du président Luiz Inacio Lula da Silva à la tête du Brésil, à l’issue d’un scrutin que Donald Trump a qualifié de « truqué ».
Flavio Bolsonaro lui-même n’a pas reconnu formellement sa défaite. S’il a renoncé à demander l’annulation de l’élection, il a affirmé qu’il solliciterait de la justice l’invalidation de la candidature de Lula pour « abus de pouvoir » économique et politique.
Luiz Inacio Lula da Silva, qui fête ses 81 ans mardi 27 octobre, a, contre toute attente, comblé son retard du premier tour et décroché un quatrième mandat inédit. Le plus grand pays d’Amérique latine reste à gauche dans une région qui penche majoritairement à droite.
Le président sortant a devancé de quatre points le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump, après avoir réussi à galvaniser la gauche dans la rue et sur les réseaux sociaux. À contre-courant des dirigeants des principales puissances du monde, le président américain a qualifié sa victoire de « lamentable ». « Franchement, ça ressemblait à une autre élection truquée… c’était tellement corrompu, tellement lamentable », a-t-il dit à des journalistes à Washington.
Le président du tribunal électoral salue des « élections réussies »
« Nous reconnaissons le résultat de l’élection présidentielle proclamé par le Tribunal supérieur électoral », a néanmoins annoncé le parti libéral de Flavio Bolsonaro dans un communiqué, tout en demandant des « éclaircissements » sur l’impact des aides sociales approuvées par Lula pendant la campagne.
Dès dimanche soir, Flavio Bolsonaro avait crié à la « magouille » et réclamé l’annulation du scrutin, prolongé de deux heures à la demande de Lula, qui avait affirmé que des électeurs avaient été empêchés de se rendre aux urnes. Mais le candidat d’extrême droite avait fait une demande similaire en raison de fortes pluies dans deux régions.
Les événements rappellent la réaction de son père en 2022. Jair Bolsonaro n’a jamais reconnu sa défaite face à Lula au second tour cette année-là et a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Le président du tribunal électoral, Kassio Nunes Marques, un magistrat nommé par Jair Bolsonaro, a contredit les affirmations du sénateur : il a salué des « élections réussies » et affirmé que la prolongation du vote n’avait pas affecté le résultat.
Flavio Bolsonaro a par ailleurs annoncé lundi avoir été sommé de remettre ses passeports aux autorités et s’être vu interdire par un juge de quitter le pays. Le parlementaire de 45 ans est visé par une enquête pour des soupçons de corruption en lien avec le financement d’un film consacré à son père.

