L’Iran a qualifié de « très bonnes » les discussions du lundi 26 octobre à Téhéran avec l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, faisant état d’un rejet commun de toute ingérence étrangère dans la région.
Cette rencontre visait à discuter des moyens d’empêcher un retour à la guerre au Moyen-Orient après une série d’avertissements israélo-américains. L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, membres du pacte de défense dit de La Mecque, mais aussi médiateurs régionaux dans la guerre, n’ont pas commenté dans l’immédiat la réunion.
« Nous sommes tombés d’accord sur les conclusions suivantes : la sécurité de la région […] doit être assurée par les pays eux-mêmes, et nous devons empêcher toute forme d’intervention étrangère », a indiqué le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, à la télévision iranienne.
« Favoriser la désescalade et encourager le dialogue »
Pour la première fois depuis le début du conflit au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite avait dépêché à Téhéran son ministre de la Défense, Khaled ben Salmane, frère du prince héritier saoudien, spécialiste des missions diplomatiques sensibles. Pour cette réunion qui a duré environ une heure, il était accompagné de hauts responsables de Turquie et du Pakistan. La visite, a précisé la diplomatie saoudienne, s’inscrivait dans le cadre des efforts « pour favoriser la désescalade entre les parties à la crise actuelle (et) encourager le dialogue ».
Déjà affecté par les frappes menées par l’Iran en représailles à l’offensive israélo-américaine lancée fin février, le royaume saoudien est ciblé par les Houthis depuis la reprise des hostilités début juillet entre les combattants pro-iraniens et les forces gouvernementales appuyées par Riyad. Et il redoute désormais une reprise de la guerre à grande échelle, Israël et les États-Unis ayant multiplié ces derniers jours les menaces contre la République islamique.
« L’Arabie saoudite a bien pris des leçons de cette dérobade américaine, analyse pour RFI Hasni Abadi, politologue à l’université de Genève, spécialiste du monde arabe. Si les Saoudiens veulent que les Houthis suspendent leurs attaques contre l’Arabie saoudite, la porte la plus proche, c’est celle de Téhéran. » Mais derrière l’objectif d’endiguer les frappes houthis, les pays du pacte de la Mecque visent plus large : « C’est donner aussi un coup d’accélérateur à ces efforts de négociation entre Américains et Iraniens qui passent par Islamabad et par le Qatar. »
Vers une poursuite des échanges
Le ministre de la Défense saoudien, Khaled ben Salmane, le puissant commandant de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, et le directeur des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalin, ont rencontré le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a appelé à « l’unité régionale », et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.
Pour Hasni Abadi, les Iraniens ont toutes les raisons de jouer les bons élèves : « Les Iraniens cherchent aussi un soutien de la part de ces trois pays. Le seul État musulman nucléaire, le Pakistan, la Turquie, membre de l’Otan, et l’Arabie saoudite, une grande locomotive économique. Les Iraniens d’ailleurs se targuent d’organiser cette réunion pour faire face à l’agression américaine avec les Israéliens. C’est un récit qui est tout à fait positif. »
La réunion s’est terminée sans annonce concrète : les quatre pays ont simplement « convenu de poursuivre les échanges », selon la télévision d’État.

