Téhérrran assure que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert si Washington refuse les conditions de l’Iran

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a déclaré mercredi que le détroit d’Ormuz ne serait pas rouvert si les Etats-Unis n’acceptaient pas les conditions de l’Iran, a rapporté Sepah News, l’organe de presse officiel du CGRI.

Le porte-parole du CGRI Hossein Mohebbi a indiqué aux journalistes que cette voie maritime stratégique restait sous contrôle iranien, et qu’aucun navire ne pouvait l’emprunter sans l’autorisation de l’Iran.

 »Tous les navires de guerre ennemis se trouvent à au moins 400 km du détroit d’Ormuz. D’un point de vue militaire et territorial, aucun navire n’est en mesure de traverser cette voie maritime sans l’autorisation et la supervision de l’Iran », a affirmé M. Mohebbi. Il a ajouté que même la route longeant Oman était entièrement sous contrôle iranien, tout en soulignant que le détroit d’Ormuz appartenait en commun à l’Iran et à Oman.

Il a indiqué que l’Iran et Oman étaient parvenus après négociation à un accord sur leurs parts respectives du détroit et sur les revenus qui en découlent.

M. Mohebbi a attribué le retard du processus de négociation à  »l’obstructionnisme américain », notant que si Washington se remettait à respecter le protocole d’accord de paix signé avec l’Iran en juin, il serait possible de  »rouvrir le détroit d’Ormuz dans les conditions qui ont été convenues ».

 »Par conséquent, les Etats-Unis doivent accepter nos conditions. S’ils ne les acceptent pas, le détroit d’Ormuz ne sera rouvert en aucune circonstance », a-t-il ajouté.

L’Iran a renforcé son contrôle sur le détroit d’Ormuz le 28 février, interdisant le passage des navires appartenant ou affiliés à Israël et aux Etats-Unis à la suite des frappes conjointes de ces deux pays sur le territoire iranien.

Les Etats-Unis n’obtiendront rien par la pression économique

Le président iranien Massoud Pezeshkian a estimé mercredi que les Etats-Unis n’obtiendraient rien en exerçant des pressions économiques sur son pays.

Il a tenu ces propos lors d’une réunion organisée dans la capitale, Téhéran, afin d’examiner la situation actuelle des principaux indices monétaires, de change et financiers de l’Iran. Le ministre de l’Economie et des Finances, Ali Madanizadeh, le gouverneur de la banque centrale, Abdolnaser Hemmati, ainsi qu’un groupe d’économistes de renom ont assisté à cette réunion, selon un communiqué publié sur le site web de son cabinet.

Bien que l’Iran cherche à résoudre les problèmes par le dialogue et la négociation, il restera, dans le même temps, ferme face aux pressions économiques, comme il l’a fait jusqu’à présent, a indiqué M. Pezeshkian.

Il s’est dit convaincu que les Etats-Unis n’obtiendront rien par leurs pressions économiques à ce stade, invoquant les préparatifs mis en place par les secteurs économiques de son gouvernement. Il a ajouté que cela s’apparenterait à la guerre des 40 jours, durant laquelle les forces armées et le peuple iraniens ont empêché l’adversaire d’atteindre ses objectifs grâce à leur courage et à leur soutien.

Au début du mois, le président américain Donald Trump a annoncé « l’opération économique la plus dévastatrice jamais menée » contre tout pays apportant un soutien vital à l’Iran. « Ce sera une Guerre Economique et un Isolement d’une ampleur sans précédent », a-t-il promis, qualifiant cette initiative de « JOUR J ECONOMIQUE ».

Le 28 février, Israël et les Etats-Unis ont lancé des attaques conjointes contre Téhéran et d’autres villes iraniennes. La République islamique a riposté par des vagues d’attaques de missiles et de drones visant Israël ainsi que les bases et les installations américaines dans la région.

Le 18 juin, les Etats-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre dans la région sur tous les fronts, y compris au Liban. Aux termes de ce protocole, les deux parties devaient mener des négociations dans un délai de 60 jours, qui a expiré le 17 août, afin de parvenir à un accord définitif, mais l’issue de ces pourparlers reste incertaine suite à l’escalade des tensions entre les deux pays le mois dernier.

Dans un communiqué conjoint publié mardi soir, l’Iran et Oman ont annoncé avoir discuté d’un cadre évolutif prévoyant la mise en place d’un couloir maritime conjoint temporaire dans le détroit d’Ormuz, ainsi qu’un accord sur un projet commun de déminage.

Le communiqué a précisé que les négociations techniques se poursuivraient en vue d’établir un couloir maritime permanent et de gérer à l’avenir cette voie navigable, par le biais notamment d’échanges d’informations, d’une régulation du trafic et de la création de services de navigation et de sécurité appropriés.

Agences