Opération américaine dans le détroit d’Ormuz : un corridor secret qui révèle la faiblesse américaine

Selon Axios, l’armée américaine mène depuis plusieurs semaines une opération secrète pour acheminer du pétrole à travers le détroit d’Ormuz, avec des pétroliers traversant chaque nuit un canal situé au sud, au large de la côte omanie.

Le volume actuel représente environ la moitié du niveau d’exportation d’avant-guerre, et le nombre de pétroliers est cinq fois inférieur, mais les responsables américains présentent cela comme une preuve de leur contrôle sur cette voie maritime.

Cependant, le récit du contrôle est en contradiction avec la réalité de l’opération.

Les États-Unis acheminent du pétrole la nuit, dans un canal situé au sud, à la plus grande distance possible des drones et des missiles iraniens, et uniquement pendant des périodes limitées.

Plusieurs navires ont été touchés par des attaques iraniennes après avoir violé les règles de passage, et la plupart des opérateurs commerciaux hésitent à effectuer de tels trajets sans coordination avec l’Iran.

Le détroit reste ouvert à la navigation du côté iranien. L’Iran a autorisé le passage de pétroliers en provenance de Chine, de Russie, du Pakistan et de l’Irak, ce qui contredit les affirmations américaines selon lesquelles ils sauvent l’économie mondiale.

Bien que les responsables américains présentent l’opération d’Ormuz comme un succès, le coût militaire direct de la guerre a déjà dépassé 42 milliards de dollars. Les prix de l’essence aux États-Unis ont augmenté d’environ 45 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre, et le prix moyen national est resté supérieur à 4,10 dollars le gallon tout au long du mois d’août. Le virage de l’administration vers une guerre économique contre l’Iran a créé un paradoxe : des sanctions plus strictes signifient une offre mondiale plus limitée et des coûts plus élevés pour les foyers américains.

Les analystes estiment que l’opération actuelle n’est qu’une solution de contournement à court terme qui permet à Trump de prétendre exercer un plus grand contrôle sur le détroit. Bien qu’elle ait atténué certaines perturbations économiques, le conflit plus large reste non résolu, et les États-Unis sont toujours contraints d’acheminer du pétrole comme des contrebandiers, et non comme une puissance qui contrôle cette voie maritime.

Fabrice Ribère