Le dollar recule ce vendredi, après des informations selon lesquelles le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est attendu à Islamabad dans la soirée, alimentant les anticipations de nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran.
La source officielle pakistanaise qui l’a indiqué n’a pas précisé qui il devrait rencontrer.
« Les marchés anticipent désormais un second cycle de négociations, mais des éclaircissements supplémentaires pourraient être nécessaires pour consolider cette dynamique », souligne Kathleen Brooks, de XTB.
Malgré cela, « les investisseurs se raccrochent à cette bonne nouvelle », car ils y voient « le signe d’une désescalade avant le week-end », constate l’analyste.
En début de séance, le marché des changes était paralysé par l’incertitude sur la suite du conflit au Moyen-Orient.
Vers 12H40 GMT (14H40 à Paris), le billet vert baissait plus nettement, perdant 0,21% face à la monnaie unique européenne, à 1,1708 dollar pour un euro, et 0,09% face au yen japonais.
La devise américaine est en effet une valeur refuge privilégiée durant ce conflit. La perspective d’un accord entraîne donc une baisse de la demande en dollars.
Mercredi, le ministre américain des Finances Scott Bessent a d’ailleurs signalé que de nombreux alliés des États-Unis dans le Golfe, ainsi que certains pays asiatiques, ont demandé des lignes de « swap » de devises à la Réserve fédérale (Fed), leur permettant d’obtenir facilement des dollars en cas de besoin.
La semaine prochaine, les principales banques centrales rendront leurs décisions de politique monétaire, avec la lourde tâche d’analyser les implications du conflit irano-américain sur les économies de leurs pays respectifs.
« Les réunions de printemps du FMI ont probablement harmonisé leurs stratégies, privilégiant la prudence à une action immédiate », estime Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill.
La Fed mercredi, suivie de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre (BoE) jeudi, devraient chacune maintenir leurs taux directeurs inchangés.
Sarah Breeden, vice-gouverneure de la BoE début février, a pourtant fait part de ses inquiétudes à la BBC quant à une brusque chute des prix des actifs dans le monde, car les cours des actions ne reflètent pas selon elle les nombreux risques qui pèsent sur l’économie mondiale.
« Ce qui me préoccupe vraiment, c’est la probabilité que plusieurs risques se concrétisent simultanément: un choc macroéconomique majeur, une perte de confiance dans le crédit privé, un réajustement des valorisations de l’intelligence artificielle et d’autres actifs risqués », s’alarme-t-elle.
Même la Banque du Japon (BoJ), où l’inflation (hors produits frais) dévoilée vendredi a connu un sursaut en mars, devrait opter pour le statu quo mardi.
Agences

