La Fédération internationale des journalistes exige la libération immédiate du journaliste Mohamed El Yousfi

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour exiger la libération immédiate du journaliste Mohamed El Yousfi, arrêté le 4 septembre devant les locaux d’Express FM, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission consacrée à la politique de l’eau en Tunisie.

Vendredi 4 septembre, le journaliste Mohamed El Yousfi a été interpellé par des agents de sécurité devant les locaux de la radio privée Express FM, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission. Il a ensuite été conduit à la troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, située à El Aouina, avant d’être placé en garde à vue le samedi 5 septembre.

Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, une enquête a été ouverte sur la base de publications diffusées sur Facebook. Mohamed El Yousfi a été interrogé sur ces publications, mais aussi sur son travail journalistique et la ligne éditoriale d’Al-qatiba, l’un des médias indépendants de référence en Tunisie. Son arrestation intervient après une campagne de dénigrement et d’incitation menée contre lui sur les réseaux sociaux.

Mohamed El Yousfi vient allonger la liste des journalistes emprisonnés en Tunisie en raison de leur travail ou de leurs prises de position. Il rejoint notamment Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison après avoir critiqué une décision judiciaire.

Zied Dabbar, président du SNJT et vice-président de la FIJ, a déclaré : « L’arrestation de Mohamed El Yousfi est directement liée à son travail journalistique indépendant et à ses prises de position critiques. Lorsqu’un journaliste peut être arrêté sur le chemin d’un studio de radio, c’est à toute la profession qu’un message d’intimidation est adressé. Les journalistes tunisiens ne renonceront pourtant ni à enquêter, ni à interroger les responsables publics, ni à exercer leur indispensable mission d’information.»

Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré : « Je connais personnellement Mohamed El Yousfi. Je connais son engagement, son courage et son attachement à un journalisme libre, rigoureux et de qualité. Son travail au sein d’Al-qatiba et ses interventions critiques dérangent manifestement le pouvoir. Son arrestation s’inscrit directement dans la politique répressive tunisienne, qui vise, poursuit et emprisonne les journalistes. La Tunisie s’enfonce chaque jour davantage dans la criminalisation du journalisme indépendant. Nous exigeons la libération immédiate de Mohamed et de tous les journalistes détenus. »

Source : FIJ