Après les frappes américaines visant cinq provinces iraniennes qui ont causé un lourd bilan humain, Téhéran a riposté militairement contre plusieurs cibles américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, selon des sources de presse iraniennes et moyen-orientales. La diplomatie iranienne a pour sa part dénoncé un «crime de guerre flagrant».
L’Iran a riposté contre les frappes américaines du 8 juillet survenues après les déclarations du président américain Donald Trump qui avait déclaré plus tôt dans la journée que les États-Unis allaient « frapper fort » dans la nuit et affirmé que le cessez-le-feu ne tenait plus. Les attaques américaines ont ciblé des structures militaires et civiles incluant des aéroports, des voies ferrées et des infrastructures logistiques civiles dans cinq provinces iraniennes, selon des sources de presse. Un communiqué du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) mentionne des frappes contre « plusieurs points stratégiques dans les provinces côtières du sud de l’Iran » et de deux ponts « dans les provinces de l’est, en direction de la ville sainte de Machhad ». Le bilan humain de ces attaques a été lourd, selon le chef du Centre des relations publiques et de l’information du ministère iranien de la Santé, qui écrit sur X ce 9 juillet que, malgré le cessez-le-feu, « les États-Unis ont pris pour cible cinq provinces iraniennes, les 8 et 9 juillet 2026. Ces attaques ont fait, selon un dernier bilan, 14 martyrs et 78 blessés ».
Réagissant à l’escalade américaine, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que l’intimidation et la rupture des engagements ne seraient désormais plus impunies. « L’Amérique n’a toujours pas compris que l’intimidation et la rupture des engagements ne sont plus sans conséquences. Pour parler clairement : si vous frappez, vous recevrez des coups en retour », a-t-il mis en garde dans une publication sur X, avant d’ajouter : « Ne vous débattez pas inutilement, car vous ne ferez que vous enfoncer davantage, le détroit d’Ormuz ne s’ouvrira qu’avec des « arrangements iraniens », et non sous la contrainte des menaces américaines ».
Attaque de drones et de missiles balistiques contre des cibles américaines au Moyen-Orient Citant l’armée iranienne, l’agence de presse iranienne IRNA a rapporté qu’une riposte a été menée dans le cadre de frappes contre les « bases terroristes américaines » dans la région, incluant le ciblage de systèmes Patriot au Koweït, d’une antenne satellite (site d’alerte précoce) au Qatar ainsi que plusieurs dépôts de carburant de l’armée américaine par « une salve massive de drones suicides ».
De son côté, le CGRI a indiqué dans un communiqué : « dans une première phase de riposte punitive contre les Américains qui ont violé leurs pactes », des attaques de drones et de missiles « ont détruit les infrastructures et les installations stratégiques des bases coloniales américaines d’Arifjan et d’Ali Al Salem au Koweït, ainsi que de Juffair et de Sheikh Isa à Bahreïn ». La télévision d’État iranienne a, pour sa part, indiqué que des explosions successives et massives dans l’est de la Jordanie indiquaient le ciblage d’un complexe industriel jordanien par des missiles. La même source a cité des médias régionaux qui ont affirmé que plusieurs explosions se sont produites sur la base militaire américaine de Zarqa, en Jordanie. L’Iran aurait utilisé des missiles balistiques de moyenne portée Kheibar Shekan, dans ses attaques contre les bases américaines dans la région. Des navires américains, stationnés au large des côtes de Bahreïn, auraient également été ciblés par des missiles de croisière. Alors que d’autres sources citées par la télévision iranienne rapportent qu’un destroyer et plusieurs autres navires américains dans le golfe Persique avaient aussi été touchés par ces frappes.
La diplomatie iranienne condamne un « crime de guerre flagrant »
Le ministère iranien des Affaires étrangères a fermement condamné les dernières attaques américaines contre plusieurs zones des provinces côtières du sud iranien, qualifiant ces frappes de « crime de guerre flagrant ». La diplomatie iranienne a assuré que Téhéran allait défendre à tout prix sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Dans une même perspective diplomatique, le ministère iranien des Affaires étrangères a fait savoir par voie de communiqué que son ministre, Seyyed Abbas Araghchi, s’est entretenu séparément par téléphone au soir du 8 juillet avec son homologue omanais, Sayyid Badr al-Busaidi, et son homologue turc, Hakan Fidan, pour discuter des derniers développements régionaux, notamment les événements récents dans le détroit d’Ormuz, ainsi que d’autres sujets d’intérêt commun. La même source a rapporté que les trois hommes avaient « souligné l’importance de mobiliser les ressources diplomatiques, de maintenir des contacts réguliers et de coordonner les efforts afin de suivre l’évolution des dossiers régionaux et de prévenir toute nouvelle escalade des tensions ».
Il convient de noter que les funérailles du Guide suprême iranien assassiné, l’ayatollah Ali Khamenei, se tiennent aujourd’hui dans la ville iranienne de Machhad. Pour sécuriser l’espace aérien contre d’éventuelles frappes américaines, des avions de chasse MiG-29 de l’armée iranienne survolent la cérémonie funéraire et les rues menant au mausolée de l’imam Reza qui doit accueillir la dépouille du leader iranien, selon l’agence de presse iranienne Fars.
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