J’ai été agréablement surpris par la publication, hier, du Rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie.
En réalité, ce rapport est généralement finalisé par les services de la Banque centrale bien avant l’échéance réglementaire du 20 juin. Pourtant, ces dernières années, sa publication n’intervenait qu’aux mois de septembre ou d’octobre, lorsque le Président de la République recevait le Gouverneur.
À la lecture du communiqué de la Présidence, il apparaît toutefois que cette publication anticipée ne semble pas motivée par le respect des délais légaux, ni par un souci de transparence ou de meilleure information économique. À cet égard, le journal Business News a déjà relevé plusieurs excès dans la présentation et l’interprétation des données économiques figurant dans le communiqué présidentiel
L’affirmation selon laquelle les réserves en devises couvrent 103 jours d’importation, alors que la situation quotidienne de la BCT faisait état de 98 jours à la date de la rencontre entre le Président de la République et le Gouverneur, le 6 juillet, est particulièrement intrigante. Cette différence pourrait expliquer, au moins en partie, la publication anticipée du Rapport annuel.
En effet, une telle communication aurait été beaucoup plus difficile après le remboursement, prévu la semaine prochaine, de l’obligation souveraine en euros de 750 millions d’euros, soit environ 2,550 milliards de dinars tunisiens. Cette opération devait mécaniquement réduire le niveau des réserves en devises et, par conséquent, le nombre de jours d’importation qu’elles permettent de couvrir, malgré un éventuel décaissement des 500 millions d’euros au titre du prêt accordé par Afreximbank, dont le montant demeure inférieur à celui de l’échéance obligataire.
Sadok Rouai

