Liban : Deux soldats israéliens tués , les pourparlers entre Beyrouth et Israël fragilisés

Deux soldats réservistes israéliens ont été tués, ce mercredi 5 août, dans des combats dans le sud du Liban, où l’armée israélienne mène des opérations depuis plus d’un mois malgré le cessez-le-feu. Ces décès interviennent alors que des pourparlers sont en cours entre Israël et le Liban, sous parrainage américain.

L’armée israélienne a annoncé, jeudi 6 août, que deux soldats réservistes israéliens ont été tués la veille au cours de combats dans le sud du Liban. Israël est engagé militairement dans cette zone depuis plus d’un mois, alors que des pourparlers sous parrainage américain se tiennent à Rome.

L’armée israélienne a identifié les deux soldats tués comme étant le major Harel Birenstock, 34 ans, commandant de compagnie au sein du 2855e bataillon de la 55e brigade, et l’adjudant-chef Tamir Vaknin, 33 ans, major dans le même bataillon. Le quotidien libanais L’Orient-Le Jour rappelle qu’il s’agit des deux premiers militaires israéliens tués dans le sud du Liban depuis le 28 juin, selon le site officiel de l’armée israélienne.

Un mort et 11 blessés côté libanais

L’armée israélienne avait annoncé, mercredi 5 août, mener des frappes sur le sud du Liban en réponse, selon elle, à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah, faisant un mort et onze blessés, selon les autorités libanaises. « À la lumière des violations de l’accord de cessez-le-feu par le Hezbollah, l’armée israélienne est contrainte d’intervenir avec force (…). Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos maisons », avait écrit sur X la porte-parole arabophone de l’armée, Ella Waweya, dans un message adressé aux habitants d’al-Mansouri.

Cette localité, située à environ neuf kilomètres au sud de Tyr et à une dizaine de kilomètres au nord d’Israël, a été la cible, ainsi que ses environs, de plusieurs frappes israéliennes et de tirs d’artillerie au cours des dernières semaines, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en juin.

Le 22 juin, la municipalité avait informé les habitants qu’ils pouvaient rentrer chez eux, tout en leur demandant d’éviter la partie de la ville située dans la « zone de sécurité » instaurée par Israël. Cette zone, dans le sud du Liban, désigne une bande de territoire où les forces israéliennes poursuivent leurs opérations. Elle s’étend sur environ dix kilomètres le long de la frontière et est censée protéger les habitants du nord d’Israël.

Où en sont les pourparlers ?

Les pourparlers, entamés ce mardi 4 août, à Rome et qui doivent se poursuivre jeudi, portent notamment sur le déploiement de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » évacuées par Israël dans le sud du Liban, qu’il occupe en partie.

Une première « zone pilote », la localité de Zawtar al-Gharbiya, avait vu en juillet l’armée libanaise reprendre le contrôle et les habitants rentrer. Une source au sein de l’équipe de négociation israélienne a indiqué à l’Agence France-Presse qu’Israël avait demandé aux Américains de suspendre les pourparlers environ trois heures avant la fin prévue mercredi. Selon cette source, l’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a critiqué des « fuites répétées et fallacieuses » de la délégation libanaise.

« Rien d’autre que la honte »

Le Hezbollah rejette ces négociations et refuse de se désarmer, une condition préalable au déploiement de l’armée libanaise dans le sud, selon un accord-cadre approuvé en juin. Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a affirmé ce mardi 4 août que les discussions directes n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ».

Le mouvement chiite a rejeté à plusieurs reprises les négociations directes et refuse de remettre ses armes. Il avait entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient en mars en tirant des roquettes sur Israël, en soutien à Téhéran, visé par une offensive israélo-américaine.

Israël a répliqué par de lourds bombardements aériens et une invasion terrestre dans le sud, faisant, selon Beyrouth, plus de 4300 morts et provoquant, au plus fort des violences, le déplacement de plus d’un million de personnes. Les hostilités ont diminué depuis la signature, en juin, d’un protocole d’accord irano-américain sur le conflit au Moyen-Orient, comprenant un cessez-le-feu au Liban ainsi que la conclusion d’un accord-cadre entre le Liban et Israël, sous l’égide de Washington.

Mais le Liban continue de faire état de frappes et de tirs d’artillerie israéliens sporadiques, ainsi que de dynamitages et de démolitions dans des villages du sud. Depuis le début de cette guerre entre Israël et le Hezbollah, l’armée israélienne a perdu 38 soldats ainsi qu’un employé civil sous contrat.

Agences