la capitale saoudienne se réveille sous les bombes des Houthis du Yémen

Les habitants de la capitale saoudienne ont été réveillés dans la nuit de samedi à dimanche par une alerte de risque d’attaque suivie de deux fortes explosions. Une première à Riyad depuis la reprise des affrontements avec les Houthis du Yémen. « On a vu de la fumée noire et des flammes vers l’aéroport », a rapporté un habitant. Un correspondant de l’AFP a constaté qu’un réservoir de carburant du géant pétrolier saoudien Aramco situé près de l’aéroport est en feu

Des flammes et de la fumée noire sont visibles dans les environs de l’aéroport international de Riyad, ont indiqué, samedi 19 septembre, deux habitants de la capitale d’Arabie saoudite cités par l’AFP. « On a vu de la fumée noire et des flammes vers l’aéroport », a rapporté l’un d’eux.

Près de ce même aéroport international, un journaliste de l’AFP a vu samedi un réservoir de carburant du géant pétrolier saoudien Aramco en feu. Des pompiers étaient visibles en train de tenter d’éteindre les flammes s’échappant du réservoir sur lequel apparaissait le logo de la compagnie nationale saoudienne.

Les habitants de Riyad ont été réveillés dans la nuit de samedi à dimanche par une alerte de risque d’attaque suivie de deux fortes explosions, une première dans la capitale saoudienne depuis la reprise des affrontements avec les Houthis du Yémen.

Le royaume subit ces derniers jours des attaques croissantes de ces combattants pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin, et viennent d’y effectuer une percée spectaculaire face au gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par une coalition menée par Ryad.

Mais les frappes des Houthis en Arabie saoudite ont jusqu’ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge, loin de Riyad, qui n’avait pas pas encore été menacée depuis la reprise des hostilités en juillet.

L’alerte prévenant d’une « menace aérienne hostile » sur la capitale et appelant ses habitants à rester à l’intérieur a résonné sur leurs téléphones vers 3 h du matin (minuit GMT).

Deux explosions ont ensuite été entendues, selon des journalistes de l’AFP sur place, avant que l’alerte ne soit levée une demi-heure plus tard.

Les autorités n’ont pas encore détaillé le motif de ces alertes, émises également dans d’autres régions du pays, ni sur d’éventuels victimes ou dégâts.

« J’ai eu vraiment peur »

« J’ai entendu l’alerte, puis mes fenêtres ont tremblé », témoigne un habitant de 27 ans du nord de la capitale, qui n’a pas souhaité donné son nom. « J’ai eu vraiment peur, je ne m’y attendais pas. »

« C’est terrifiant », confirme un autre habitant, du centre-ville, également sous couvert d’anonymat. « J’étais très anxieux, surtout parce que contrairement aux fois précédentes, l’alerte n’a pas été levée tout de suite après », a-t-il dit.

La capitale saoudienne avait déjà été frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. L’ambassade américaine, dans le quartier diplomatique de la ville, avait notamment été touchée par un drone en mars.

L’Arabie saoudite avait accusé quelques jours plus tôt les Houthis d’avoir ciblé La Mecque, ville sainte de l’islam qui accueille chaque année des millions de pèlerins. L’attaque – démentie par les Houthis – avait été largement condamnée dans le monde musulman.

En réponse aux Houthis, l’Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé des zones qu’ils contrôlent au Yémen, sans toutefois parvenir pour l’heure à contrer leurs avancées.

Depuis leur offensive éclair de début septembre, ils contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.

Le prix du pétrole au dessus de 100 dollars

Une nouvelle pression sur l’économie mondiale, déjà ébranlée par près de sept mois de guerre au Moyen-Orient, qui a fait repasser le prix du pétrole au dessus de 100 dollars.

D’autant que le transport maritime mondial était déjà fortement perturbé par le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, de l’autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les Houthis assurent, eux, qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le couloir maritime de Bab el-Mandeb – sauf pour les navires de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Selon la société de suivi maritime Kpler, sur les sept derniers jours, seuls cinq navires chargés de marchandises saoudiennes ont quitté la mer Rouge en franchissant Bab el-Mandeb, soit moins du tiers du trafic hebdomadaire habituel enregistré depuis janvier.

Avec agences