Antonio Guterres : Israël procède à un « nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a évoqué ce mardi «le spectre d’un nettoyage ethnique» du fait de l’action d’Israël en Cisjordanie occupée, devant des dizaines de chefs d’État et dirigeants réunis pour l’Assemblée générale de l’ONU.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti mardi que les violences israéliennes, les déplacements de population et l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie occupée compromettent les perspectives de paix et font planer le risque d’un « nettoyage ethnique ».

« La violence, les déplacements de population et l’expansion des colonies par Israël en Cisjordanie occupée réduisent à néant la voie vers la paix et font planer le spectre d’un nettoyage ethnique », a déclaré Guterres lors de son discours devant la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York.

« Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux », a-t-il ajouté.

Guterres a souligné que la situation dévastatrice dans les territoires palestiniens occupés ne devait pas être reléguée au second plan dans un contexte de turbulences plus larges qui secouent le Moyen-Orient.

Il a qualifié d’« abominables » les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, tout en soulignant qu’elles avaient été suivies d’« une offensive contre les Palestiniens à Gaza, avec une ampleur de tueries et de destructions sans précédent depuis que j’exerce les fonctions de secrétaire général ».

Il a rappelé que la Cour internationale de Justice (CIJ) avait ordonné des mesures conservatoires juridiquement contraignantes dans l’affaire relative à l’application de la Convention sur le génocide dans la bande de Gaza.

Le chef de l’ONU a également évoqué un avis consultatif rendu par la Cour, soulignant que les Nations unies devaient être autorisées à exercer leurs mandats à Gaza et que leur personnel, ainsi que les travailleurs humanitaires, devaient être protégés.

« Toutes les parties doivent respecter le droit international et les décisions de la Cour », a-t-il insisté.

Évoquant la situation dans l’ensemble de la région, Guterres a déclaré que les conflits se multipliaient « en cascade » au Moyen-Orient, tandis que les prétendus cessez-le-feu n’avaient représenté « guère plus qu’une diminution de l’intensité des combats », les civils continuant d’en payer le prix.

« J’appelle les dirigeants présents dans cette enceinte à mettre pleinement à profit cette semaine de haut niveau pour favoriser la désescalade et le dialogue », a-t-il déclaré.

Guterres a exhorté la communauté internationale à envoyer un message clair : les combats doivent cesser, l’aide humanitaire doit pouvoir parvenir aux populations dans le besoin et les droits ainsi que les libertés de navigation doivent être pleinement rétablis conformément au droit international.