Face à la sécheresse persistante et à la pression croissante sur ses ressources en eau, l’Algérie accélère fortement son programme de dessalement de l’eau de mer.
Sonatrach prévoit notamment la réalisation de trois nouvelles stations à Aïn Adjroud (Tlemcen), Dahra (Chlef) et Sidi Ladjel (Mostaganem). Chacune devrait disposer d’une capacité de production de 300 000 m³ d’eau potable par jour.
Cette stratégie doit permettre à l’Algérie de renforcer sa sécurité hydrique, de réduire la pression sur les barrages et les nappes souterraines et, à terme, de limiter sa vulnérabilité aux variations des ressources en eau partagées avec les pays voisins.
Cette question possède également une dimension régionale. Le barrage marocain de Kaddoussa, d’une capacité d’environ 220 millions de m³, est situé sur l’oued Guir, un cours d’eau qui poursuit son parcours en territoire algérien. Alger estime que les aménagements réalisés en amont ont contribué à réduire les apports vers le barrage de Djorf Torba, dans la région de Béchar. Le Maroc met pour sa part en avant ses propres besoins en eau et en développement agricole.
Dans un contexte marqué par le changement climatique et la raréfaction de l’eau au Maghreb, la maîtrise des ressources hydriques devient ainsi un enjeu stratégique majeur pour les deux pays.
Ces tensions s’inscrivent dans une rivalité algéro-marocaine beaucoup plus ancienne, marquée notamment par la guerre des Sables de 1963, le différend sur le Sahara occidental, le soutien algérien au Front Polisario et, plus récemment, le rapprochement entre le Maroc et Israël.
Avec l’extension massive du dessalement prévue à l’horizon 2030, Alger cherche avant tout à sécuriser durablement son approvisionnement en eau et à réduire sa dépendance aux ressources conventionnelles, dans une région particulièrement exposée au stress hydrique.Cette version conserve l’angle géopolitique, mais distingue davantage les faits établis des positions respectives de l’Algérie et du Maroc.
Fabrice Ribère

