Lotfi M’raihi est juste une version bougnoulienne d’un militant populiste bas de gamme d’Europe centrale

Lotfi M’raihi aime bien faire parler de lui. D’ailleurs, il n’hésite pas à s’engager dans des polémiques stériles, en prenant régulièrement de contre-pied l’ensemble de la classe politique tunisienne pour se distinguer d’elle et donner l’impression d’être seul contre tous dans sa façon de penser – si tant est que le verbe « penser » convienne ici -. Il tente, ces jours-ci, de disqualifier les recommandations des experts et des instances scientifiques internationales en traitant le discours officiel par le mépris, notamment celui du ministère de la Santé publique, et en minimisant les vertus du port du masque.

Il estime également que Kaïs Saïed n’a pas l’étoffe d’un président de la République, d’une personne apte à remplir les fonctions de la magistrature suprême, car le président en exercice n’a aucun projet pour le pays, se montre à court d’idées salvatrices et ne fait que pédaler dans le vide. Ce qui n’est pas faux. En revanche, c’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Le discours politique de Lotfi M’raïhi est calqué sur celui des leaders et dirigeants populistes et souverainistes d’Occident. Les idées qu’il expose et défend dans les médias se réfèrent systématiquement au corpus idéologique de l’extrême-droite européenne et américaine. En effet, il défend avec ferveur le protectionnisme économique, il prône un discours conservateur sur le plan des valeurs et des mœurs, ses critiques et sa rhétorique se situent souvent à la lisière du conspirationnisme et ses plaidoyers comportent une dimension profondément identitaire et réactionnaire. Et si l’on substitue « islam » à « christianisme », « puissances étrangères/France » à « immigrés musulmans » et « origines arabo-musulmanes » à « racines chrétiennes et gréco-romaines », la boucle sera bouclée.

En fait, Lotfi M’raïhi ne devrait même pas aspirer à être une pâle photocopie de Viktor Orban ou de Matteo Salvini, c’est juste une version bougnoulienne d’un militant populiste bas de gamme d’Europe centrale. Ya Lotfi M’raïhi ! il faut se rendre à l’évidence : tu n’as pas de destin national et tu n’es pas Viktor Orban, mais son pendant bougnoule… Lotfi 3orban.

Pierrot LeFou