Tunisie : les terribles images qui viennent d’El Kamour

La vidéo des militaires tunisiens ( voir ci-bas ) qui battent en retraite face aux manifestants de Tataouine qui ont pénétré de force sur le site de pompage de pétrole d’El Kamour pour fermer la vanne en guise de protestation contre leur marginalisation par le pouvoir central, le fameux « tahmich » (un terme qui, à chaque fois qu’il est prononcé, remonte vers mon œsophage tel un suc gastrique très acide), est inquiétante à plus d’un titre.
En effet, il y a un affaiblissement certain, évident et progressif de l’Etat qui a un rôle à jouer dans le maintien de l’ordre, et pas seulement dans la lutte contre le terrorisme et les grandes manifestations qui se déroulent devant les centres de pouvoir à Tunis, mais aussi dans le comportement de chaque jour et lors des émeutes, et cela aussi légitimes soient les doléances et revendications des uns et des autres.
Les forces de l’ordre et les forces armées doivent impérativement remplir leur office, faute de quoi le chaos se mettra en place et conduira à la déliquescence de l’Etat. En effet, les méfaits provoqués par les protestataires d’El Kamour tendent à dissoudre la communauté nationale. Et ce n’est pas le meilleur signal que l’on puisse envoyer aux Tunisiens, notamment à ceux qui seraient tentés de commettre des forfaits similaires dans d’autres régions de la Tunisie.
Il est bien évident qu’il y a, dans ce pays, une atmosphère générale de complaisance à l’égard des émeutiers, mais aussi à l’égard de la délinquance et des crimes en tout genre. La tension nécessaire de l’Etat face à l’insécurité et au chaos n’est pas assurée et cela contribue au climat de violence et de morosité sociale qui plane sur le pays. C’est inquiétant.
L’Etat doit se montrer extrêmement ferme et frapper avec force quand il se trouve confronté aux signes avant-coureurs d’un phénomène qui est susceptible de prendre des proportions dramatiques et, par conséquent, de le menacer dans son existence même. L’Etat doit repérer les fauteurs de troubles et leur réserver un châtiment terrible pour que la crainte toute seule retienne dans la sagesse tous les habitants d’une région et leur fasse respecter la loi.
L’Etat pourrait même, le cas échéant, impliquer les citoyens en cas de graves violations de la loi en leur demandant d’intervenir eux-mêmes pour rétablir l’ordre républicain si la police et l’armée ne sont pas là pour le faire. Espérons qu’on n’en viendra pas là…

Pierrot LeFou