Le bruiteur de Londres

Je m’étonne que l’on n’ait pas retenu de la longue déclaration faite par Abdel Ati Atwan à l‘issue de sa visite au Palais de Carthage qu’elle fut affligeante pour les tunisiens et, je le suppose, gênante pour le président de la république. Il est inimaginable que ce dernier ait pu manquer de discernement au point de demander à son hôte de divulguer publiquement la confession d’une tentative de corruption l’ayant personnellement visé. Claironnée et servie avec force détails, cette indélicatesse ne pouvait faire de son auteur un témoin de bonne moralité, mais, faisant outrageusement partager aux tunisiens la mentalité d’un gentleman d’occasion, elle induit prétendument l’idée d’un apport désintéressé de popularité là où elle ne sert à rien, tant l’ascendant statutaire du chef de l’état suffit à éloigner de lui tout corrupteur. Venant plus notoirement d’un troubadour que d’un observateur politique, ce sera vite oublié.

Abdessalem Larif