La diversion et la mauvaise foi réunies

Le procès instruit à propos de l’assassinat de Salah Ben Youssef , a cela de pernicieux : Divertir , opérer un saut dans le passé pour nous faire avaler les pilules Ô combien douloureuses du présent.

En ce moment où le prix des produits de première nécessité s’envole , là où l’Etat est en « faillite » et notre souveraineté est durablement confisquée . En ce moment où des pans entiers de la société sont pauperisés ; on nous agite le spectre d’un passé qui anime encore les haineux et les psychopathes.

À quoi bon peut servir un procès dont les protagonistes sont sous des tonnes de terre ?? Même leurs os sont réduits en poussière .

Dans la foulée , un homme qui a l’âge des Carroubiers et des Oliviers , un siècle que Driss Guiga aurait vécu et aurait donc été témoin des grands événements dans l’histoire moderne de la Tunisie .

Au lieu de l’honorer et de mettre à profit ses mémoires, une certaine Ben Sedrine qui a la haine plus tenace que la trahison, n’a pas trouvé mieux que de traîner ce vieillard grabataire devant les tribunaux pour le juger d’un crime hallucinant de stupidité : Son annonce au Bey Husseinite l’abolition de la monarchie ( ladite abolition , rappelons-le , a été décidée par une constituante dûment élue , tout à fait légitime et souveraine ) .

On dirait que tous les spectres de la réaction moyenâgeuse, de Ben Salah l’islamo-panarabe à Lamine Bey dernier vestige d’un empire Ottoman médiéval et cruel , tous ces spectres donc se sont subitement éveillés, dépoussiérés et sortis de leurs tombes afin de porter le coup de grâce à la République et ses symboles .

Quel intérêt peut tirer le Tunisien en remuant une plaie vieille de plus de soixante ans ??

Peut-on s’offrir le luxe d’un débat où toutes les passions vont se déchaîner dans un immense gaspillage de temps et d’intelligence , alors que des dizaines de milliers de nos concitoyens crèvent la dalle et que la pandémie fait des ravages ? ?

La diversion est nette et la mauvaise foi est évidente. Passons donc l’éponge et revenons aux sujets qui brûlent.
Vive la Tunisie! Vive la République!

Ben Ahmed Sobhi