On réclame de l’action, de la détermination et de l’audace. Ce n’est pas trop demandé.

Chiffre du jour :

Le déficit commercial en valeur de la Tunisie fin août 2020 était de -9,2 Mds TND.
Il était lié principalement aux échanges avec la Chine (-3,5 Mds TND en août 2020), l’Algérie (-1,3 Md TND), la Turquie (-1,3 Md TND), la Russie (-656 M TND) et l’Italie (-586 M TND).
Il est temps que nos ministres en charge des choses économiques, commerce, industrie, coopération internationale,… fassent de la politique économique, la vraie et qu’ils les implémentent sur le terrain avec des équipes chevronnés en stratégies, en négociation, des task force sectorielles et transverses, des delivery units spécialisés dans l’implémentation des projets et de politiques publiques.
Cela a trop duré. Près de 10 ans qu’on regarde faire à notre détriment. Le déficit commercial s’aggrave d’une année à l’autre. Sur une dizaine d’années, avec la Chine on a un déficit annuel moyen de l’ordre de 5 Mds de TND, avec la Turquie près de 1.5 Md de TND, avec l’Algérie près de 1 Md de TND. Soit avec ces seuls pays on a enregistré depuis près de 10 ans environ 75 Mds de TND ! Soit le montant de notre dette extérieure !
Ça ne peut plus durer !
Dans notre histoire contemporaine on a connu cela avec l’Europe. A l’époque Sadok Rabah, ministre de l’économie a imposé aux Européens qu’ils investissent en masse chez nous sinon on s’approvisionnerait ailleurs. C’est ce qui fut fait. Mieux encore, ils y aient pris goût puisqu’aujourd’hui ils trouvent leurs comptes car sur certains créneaux le site Tunisie est très compétitif pour les IDE européens. Aujourd’hui le taux de couverture avec l’Europe est de plus de 100%.
Ce qui prouve que quand on cesse de lire les chiffres en les constatant seulement, quand on regarde les comptes publics avec recul et une volonté de changer la donne on peut réussir.
Les clés de la réussite sont multiples : Améliorer la productivité par plus d’innovation et plus de ressources humaines qualifiées dans nos usines et site de production, mieux négocier avec ces pays en imposant à la Chine et à la Turquie d’investir chez nous pour le marché domestique, africain voire européen, améliorer les conditions d’échanges avec l’Algérie, faire baisser les coûts de la logistique qui est près du double de nos compétiteurs, désengorger sérieusement Radès, intègre progressivement mais sûrement l’informel qui se nourrit des produits chinois, turques et ceux venus d’Algérie,…
Bref, le champs sur possible est immense ! On réclame de l’action, de la détermination et de l’audace. Ce n’est pas trop demandé.
Walakom sadid annadhar.

Hassen Zargouni