Ces dernières années, aucune tranche d’âge n’a été épargnée par le fléau des agressions sexuelles. S’il n’existe pas de solution miracle pour éradiquer ces crimes, un travail de fond sur l’éducation et les mentalités permet d’en réduire la fréquence. Bien entendu, il est facile de prôner de tels changements dans un simple statut Facebook ; en réalité, faire évoluer les mœurs est sans doute l’un des défis les plus complexes qu’une société puisse entreprendre.
De nombreux Tunisiens imputent ces déviances à la consommation de drogue qui fait rage dans certains milieux et quartiers populaires, mais je reste convaincu que la frustration sexuelle y est pour beaucoup. C’est avant tout la difficulté d’accéder librement et sereinement au corps de la femme qui est à l’origine des agressions. C’est pourquoi la fermeture des quartiers réservés à la prostitution — les fameux Karti — apparaît comme une erreur historique… disons-le franchement : comme une connerie monumentale !
Le besoin sexuel est une force instinctive et animale, ancrée au plus profond de la nature humaine, qui devient tôt ou tard irrépressible. Lorsqu’il est réprimé, il engendre de nombreuses névroses et des troubles mentaux, quand il ne bascule pas directement dans la violence. Bien que les bordels n’aient jamais totalement supprimé les viols, ils ont historiquement joué un rôle de soupape de sécurité. Ils libèrent la société de tensions internes qui, autrement, finissent par s’exprimer agressivement, sinon de manière criminelle.
Fort d’une expertise approfondie du milieu de la prostitution en Tunisie — auquel j’ai consacré deux années de recherche, plusieurs articles scientifiques et un mémoire de master —, j’ai publié en mars 2017 un long article dans le journal Kapitalis * ( cliquez sur le lien ). Cette analyse décrypte les causes de la fermeture de ces maisons de passe en Tunisie et démontre la nécessité de leur réouverture. Je vous invite vivement, chers amis, à lire ce texte pour approfondir la réflexion.
Pierrot LeFou

