Soudan : Un putsch met fin au processus de transition

L’armée soudanaise a arrêté lundi la quasi-totalité des dirigeants civils de la transition alors que se multiplient les appels de la communauté internationale à ne pas instaurer de nouveau un régime militaire comme c’était le cas durant 30 ans sous Béchir.

Trois personnes ont été tuées et 80 blessées par des tirs de l’armée soudanaise, lundi 25 octobre, à Khartoum, lors de manifestations massives dénonçant un coup d’État et l’arrestation de la quasi-totalité des dirigeants civils par le général Abdel Fattah al-Burhane. Ce putsch met fin au processus de transition dans le pays, après des semaines de tensions entre autorités civiles et militaires.

Le général soudanais, Abdel Fattah al-Burhane, a dissous, lundi 25 octobre, les autorités du gouvernement de transition dont la quasi-totalité des membres civils sont déjà aux mains de l’armée, décrétant l’état d’urgence alors que des tirs ont fait trois morts et 80 blessés parmi les milliers de manifestants pro-démocratie.

Le coup d’État, dénoncé par la communauté internationale, s’est déroulé en plusieurs étapes. Le Premier ministre Abdallah Hamdok, son épouse, nombre de ses ministres et tous les membres civils du Conseil de souveraineté – plus haute autorité de la transition – ont été arrêtés par des militaires. Lundi soir, ils étaient toujours dans « un lieu inconnu », a indiqué son bureau.

Ces événements interviennent deux jours seulement après qu’une faction soudanaise appelant à un transfert du pouvoir vers un régime civil a mis en garde contre un « coup d’État rampant », lors d’une conférence de presse qu’une foule de personnes non identifiées avait cherché à empêcher.

18 h 40 : un « résultat logique » pour la Russie

Contrairement à la réaction de ses homologues européens, la Russie estime que ce putsch est « le résultat logique d’une politique ratée qui a été menée ces deux dernières années ». « Les autorités de transition et leurs parrains étrangers se moquaient dans la pratique du désespoir et de la situation pitoyable de la majeure partie de la population », a ajouté le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Une ingérence étrangère d’ampleur dans les affaires intérieures de la république a abouti à la perte de confiance des citoyens du Soudan envers les autorités de transition (…), provoquant une instabilité générale dans le pays », a-t-il encore écrit.

18 h 40 : le Conseil européen réaffirme son soutien « au processus de transition »

Le président du Conseil européen Charles Michel, a exhorté « toutes les parties à garantir l’intégrité du Premier ministre et des responsables civils » soudanais.

18 h 30 : trois manifestants tués

Le bilan est désormais de trois morts. Trois personnes ont été tuées et 80 blessées par des tirs de l’armée à Khartoum, a indiqué un syndicat soudanais de médecins prodémocratie.

17 h 30 : deux manifestants pro-civil tués et plus de 80 autres blessés

L’identité des deux manifestants tués par des tirs de l’armée se précise. Il s’agit de manifestants partisans d’un pouvoir civil. Le nombre de blessés s’alourdit : « plus de 80 autres blessés » par des tirs de l’armée à Khartoum, annonce un syndicat de médecins prodémocratie à l’AFP.

16 h 00 : deux manifestants tués et au moins 40 autres blessés par des tirs de l’armée

Des milliers de manifestants pro-civil essaient de rejoindre le quartier général de l’armée pour exprimer leur mécontentement, ce qui déplaît à l’armée, qui a ouvert le feu. Deux manifestants ont été tués par l’armée à Khartoum, ont indiqué des médecins à l’AFP. Au moins une quarantaine de personnes aurait été blessée par des tirs militaires selon des sources médicales, a rapporté de son côté, notre envoyé spécial Bastien Renouil.

De nombreux tirs ont également été entendus dans le quartier occupé par des manifestants pro-militaires, et ce malgré les promesses du général al-Burhan, qui assurait que ce coup d’État serait effectué sans violences, ajoute notre envoyé spécial.

Les militaires ont tenté de forcer la main au Premier ministre toujours détenu, en essayant de lui faire signer une déclaration disant qu’il reconnaissait le pouvoir militaire. Abdallah Hamdok a refusé de signer ce document et a appelé les Soudanais à continuer de manifester via un communiqué, indique Bastien Renouil.

15 h 00 : l’ONU réclame la libération du Premier ministre

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné « le coup d’État militaire en cours » au Soudan et réclamé la libération « immédiate » du Premier ministre Abdallah Hamdok. « Il faut assurer le plein respect de la charte constitutionnelle pour protéger la transition politique obtenue de haute lutte », a-t-il affirmé sur Twitter.