Moncef Marzougui n’aime pas qu’on fume en ces temps difficiles ?

Le président provisoire de la République , Moncef Marzougui, estime qu’il est impératif de diagnostiquer les causes profondes de la dépendance à la nicotine, à l’alcool et aux stupéfiants pour éradiquer ces fléaux de la société tunisienne ».

Présidant l’ouverture, jeudi 10 janvier, d’une journée d’études sur la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et les drogues en milieu scolaire, il a relevé que ces maux de société sont les conséquences d’un dysfonctionnement non seulement des relations humaines, du système éducatif et d’enseignement  mais aussi du régime politique et économique en place.

Dans ce contexte, il a mis l’accent sur le besoin de mettre en place un système politique démocratique qui préserve la dignité du citoyen mais aussi d’un système éducatif qui tient compte des besoins de l’élève.

Prenant la parole, le ministre de l’Education, Abdellatif Abid, a indiqué à l’ouverture de cette journée organisée par son ministère, au siège de la Bibliothèque Nationale à Tunis, que la conjugaison des efforts pour lutter contre ces phénomènes est l’une des meilleures garanties pour promouvoir le système éducatif et aider de la sorte à réaliser l’un des objectifs de la révolution: « rompre avec les pratiques de corruption », selon ses propos.

De son côté, le ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, a annoncé qu’un projet commun entre les ministères de la santé et de l’éducation est en cours pour élaborer une étude quantitative et qualitative approfondie sur le phénomène du tabagisme, de la consommation d’alcool, de stupéfiants et de drogues en milieu scolaire. Les premiers indicateurs, a-t-il avancé, prouvent que ces phénomènes prennent de l’ampleur et sont l’oeuvre de « gangs organisés ou de parties cherchant à détourner notre jeunesse ».

A cet égard, il a fait remarquer que les hôpitaux font l’objet d’attaques et de vols pour dérober des médicaments et des pilules hallucinogènes, ce qui nécessite la mobilisation des différents ministères, de la société civile et des familles afin d’endiguer ce fléau qui sévit dans la société.

Dans une déclaration à l’agence TAP, le ministre de l’Intérieur, Ali Laarayedh, a souligné les multiples efforts déployés par les unités de sécurité devant les collèges et lycées pour lutter contre ces fléaux.

D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur, a-t-il souligné, vient de lancer des campagnes de sécurité « au niveau des frontières et dans les zones à risque », faisant observer que face au nombre croissant d’affaires et de crimes, les efforts des agents de l’ordre en matière de lutte contre la drogue semblent insuffisants ou en deça des attentes.

Le ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk, a indiqué pour sa part dans une déclaration à la TAP que les jeunes qui pratiquent une activité culturelle et artistique sont la catégorie la moins touchée par ces innombrables dépendances.

Au cours de cette journée d’études organisée dans le cadre de la première semaine nationale sur la lutte contre le tabagisme, la consommation d’alcool et les drogues en milieu scolaire (du 4 au 12 janvier 2013), les intervenants ont été unanimes à souligner la nécessité d’avoir des données statistiques précises sur le phénomène de la dépendance afin d’en déterminer les véritables causes.

A cet égard, ils ont relevé que la lutte contre ces fléaux nécessite également une formation spécifique adéquate destinée à toutes les parties concernées à savoir les autorités de tutelle, les représentants de la société civile et la famille.

Les intervenants ont présenté plusieurs propositions qu’ils ont considéré comme indispensables pour lutter contre le phénomène de la dépendance: le lancement de campagnes de sensibilisation, la réactivation des clubs de santé dans les établissements éducatifs, le renforcement des services de santé préventive, le développement des structures d’encadrement et le suivi des comportements déviants ou suspects parmi les élèves grâce à des consultations médicales.

Il est à rappeler que la dernière étude effectuée en 2012 concernant les drogues en milieu scolaire avait démontré que l’expérience du tabagisme commence d’habitude entre 11 et 13 ans. Selon cette même étude, 10 pour cent des enfants entre 13 et 15 ans sont des fumeurs réguliers et 1 adolescent sur 5 a déjà consommé les boissons alcoolisées. Les drogues arrivent en troisième place après le tabagisme et la consommation d’alcool en terme de dépendance.