Les sanctions de Washington contre la CPI suscitent les critiques de l’ONU et d’Etats parties

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et les ministres des Affaires étrangères de huit pays ont critiqué vendredi l’annonce par les Etats-Unis de sanctions à l’encontre de la Cour pénale internationale (CPI) en tant qu’institution.

« Le secrétaire général est profondément préoccupé par l’impact que devraient avoir les sanctions annoncées aujourd’hui sur la Cour pénale internationale dans son ensemble, et en particulier sur sa capacité à continuer de s’acquitter de ses importantes missions, notamment en ce qui concerne les situations qui lui sont renvoyées par le Conseil de sécurité et les Etats parties au Statut de Rome », a dit Stéphane Dujarric, porte-parole de M. Guterres.

« La décision d’aujourd’hui porte un coup grave à notre quête collective de justice pénale internationale, dont la CPI est un pilier essentiel. La responsabilité pour les crimes internationaux et la justice rendue aux victimes sont au cœur de notre engagement mondial en faveur de la paix, de la sécurité, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales », a ajouté le porte-parole.

Il a indiqué que le secrétaire général avait réaffirmé son soutien indéfectible à l’indépendance de la CPI et de ses responsables, ajoutant que M. Guterres avait appelé tous les Etats à respecter leurs engagements en vertu du droit international et à soutenir les efforts visant à garantir que les auteurs des crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale répondent de leurs actes.

Le même jour, les ministres des Affaires étrangères de huit pays, dont le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, ont publié une déclaration commune dans laquelle ils ont exprimé leur regret et leur ferme opposition à l’annonce américaine de sanctions à l’encontre de la CPI.

« Nous, Etats parties soussignés au Statut de Rome de la CPI, réaffirmons notre soutien constant et indéfectible à l’indépendance, à l’impartialité et à l’intégrité de la CPI », indique la déclaration.

Les huit pays se sont engagés à mener un dialogue constructif et inclusif avec les Etats non parties, dans le cadre de la préparation de l’Assemblée des Etats parties prévue en décembre 2026.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio avait annoncé des sanctions à l’encontre de la CPI, affirmant que ces mesures interdiraient toute transaction avec la Cour, lui couperaient les vivres et paralyseraient sa capacité à fonctionner.