Le nouveau virus découvert en Chine, qui a déjà fait trois morts dans le pays et dont quatre cas ont été confirmés à l’étranger, est transmissible entre humains, ont fait savoir les autorités sanitaires.
Le mystérieux virus qui a fait son apparition dans plusieurs grandes villes de Chine est transmissible d’homme à homme, a déclaré ce 20 janvier un expert gouvernemental en maladies infectieuses, selon l’AFP.
Un responsable de la Commission nationale de la santé a déclaré à la chaîne de télévision d’État CCTV que cette transmission par contagion était «avérée».
Entretemps, après trois cas confirmés à l’étranger dès le 19 janvier, dont deux en Thaïlande et un au Japon, c’est la Corée du Sud qui a annoncé le lendemain son premier cas. Celui-ci a été détecté chez une Chinoise arrivée par avion de Wuhan, agglomération du centre de la Chine d’où semble être partie l’épidémie. La femme a été placée en quarantaine.
Vers une épidémie?
La Chine a fait état, le 19 janvier, de 17 nouveaux cas dont trois ont été présentés comme «graves». Deux de ces patients sont dans un état trop critique pour pouvoir être déplacés.
Les autorités municipales ont affirmé que le virus avait contaminé 62 personnes à Wuhan, dont huit sont toujours dans un état grave, alors que 19 autres ont été soignées et ont pu sortir de l’hôpital.
Mais selon un dernier bilan établi ce lundi soir et cité par l’AFP, le pays a dénombré 218 cas.
Un virologue français interrogé par Franceinfo a déclaré qu’il s’agissait «d’un nouveau virus, jamais observé jusque-là» appartenant à la famille des coronavirus. Il a toutefois affirmé que le mystérieux virus était moins contagieux que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait fait plusieurs centaines de victimes.
Vers une épidémie à l’international ?
La Chine a déjà connu une autre épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras). En 2002-2003, 350 personnes sont décédées à cause de ce virus et plus de 5 000 cas de pneumonie virale, imputables à ce virus, ont été enregistrés sur le pays. Au total, le Sras aurait fait plus de 8 500 blessés et 900 morts en Chine continentale et à Hong Kong.
Pour limiter le risque d’une épidémie à l’international, les mesures de prévention se multiplient à l’étranger. Depuis le 17 janvier 2020, les Etats-Unis limitent les vols en provenance de Wuhan dans les aéroports de San Francisco, Los Angeles et New York. Les contrôles dans les aéroports de Thaïlande et de Hong Kong sont également renforcés à l’approche du Nouvel An Chinois. Au Japon, tous les voyageurs en provenance de Wuhan doivent se déclarer à un agent. En revanche, pour le moment, les déplacements en Chine ne font pas l’objet de restrictions.
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Le Monde en état d’alerte
Le mystérieux virus apparu en Chine suscite des inquiétudes croissantes: la souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus qui peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume), mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère).
La Chine, touchée par cette pneumonie, a recensé ce 21 janvier deux nouveaux cas mortels, alors que de nombreux autres pays renforcent leurs contrôles face à la propagation du virus.
En France
Pour le moment, ce mystérieux virus n’a pas été identifié dans l’Hexagone. Son «risque d’introduction en France est considéré comme faible», indique Santé publique France. Néanmoins, afin d’éviter toute introduction et propagation dans le pays, la direction générale de la santé a annoncé la mise en place de plusieurs mesures, notamment au niveau des aéroports.
«Aujourd’hui, les voyageurs qui reviennent de Chine, quel que soit leur trajet, reçoivent une information sur la conduite à tenir en cas de température. Il leur est demandé, s’ils sont fébriles, se sentent mal, de ne pas se rendre aux urgences, de ne pas aller chez un médecin mais d’appeler le centre 15», a déclaré Agnès Buzyn, ministre de la Santé, sur les ondes d’Europe 1.
«Aujourd’hui, il y a plusieurs dizaines voire plus de 100 vols par jour qui arrivent de Chine dans 12 aéroports français. Les recommandations ont été données, les personnels au sol savent exactement quoi faire en cas de fièvre de retour de Chine: c’est-à-dire mettre la personne de côté, contacter le 15, les services sanitaires et le SAMU sont parfaitement informés de la conduite à tenir».
En Russie
Après que Pékin a confirmé que ce nouveau coronavirus était transmissible entre humains, Rospotrebnadzor, l’agence fédérale de défense des consommateurs exerçant aussi ses compétences dans le domaine sanitaire et épidémiologique, a annoncé le renforcement du contrôle de la quarantaine sanitaire sur tous les points de passage frontaliers. Dans les aéroports, tous les passagers en provenance de Chine sont examinés à l’aide d’une caméra thermique capable de détecter une augmentation de la température, un des symptômes de la maladie.
En outre, l’agence a annoncé avoir déjà développé un test afin de diagnostiquer ce virus.
Aux États-Unis
Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains ont annoncé la mise en place immédiate d’un dépistage dans trois grands aéroports du pays.
Tous les passagers venus de Wuhan, en vol direct ou après une ou deux escales, seront soumis à un examen à leur arrivée à John F. Kennedy, à New York, LAX à Los Angeles et à l’aéroport international de San Francisco.
Les passagers seront examinés par les équipes médicales mais n’auront pas à subir systématiquement le prélèvement permettant de déterminer avec certitude si le sujet est porteur du virus, a indiqué Martin Cetron, directeur de l’immigration et des quarantaines pour les CDC, lors d’une conférence téléphonique.
«Sur la base des informations actuellement disponibles, le risque (que pose le virus) pour les Américains est considéré comme faible», ont souligné les CDC, qui souhaitent néanmoins «prendre des précautions».
Dans les pays d’Asie
De nombreux pays d’Asie ont renforcé leurs contrôles ce 21 janvier face à la propagation de ce nouveau virus semblable au Sras. De Bangkok à Hong Kong, de Singapour à Sydney, les autorités procèdent à des contrôles systématiques à l’arrivée des vols en provenance des zones à risques.
Les autorités thaïlandaises ont mis en place des détections thermiques obligatoires dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques. Dans un communiqué, le ministre thaïlandais de la Santé, Anutin Charnvirakul, a annoncé que ces passagers étaient contrôlés «sans exception», et placés sous observation en quarantaine pendant 24 heures s’ils présentent des signes de fièvre.
À Hong Kong, les autorités se disent elles aussi en «alerte maximale». L’aéroport de la ville, l’un des plus fréquentés du monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à six mois de prison en cas de parjure.
Les vastes frontières terrestres de la Chine font également l’objet d’un examen minutieux.
Au Vietnam, le ministère de la Santé a proclamé un «risque d’infection élevé» et ordonné des contrôles renforcés à sa frontière nord, intense lieu de passage entre les deux pays.