Avec les Khouanjias, la Tunisie se précipite droit vers la faillite

Après Standard and Poor’s qui avait déja abaissé d’un cran, le 19 Février courant , la note souveraine de la Tunisie à BB- et Fitch Rating qui a également dégradé la note du pays en devises étrangères à BB+, le 12 décembre 2012, en raison de l’instabilité politique dans le pays ,c’est autour d’une 3ème agence de notation de pénaliser la Tunisie .En Effet Moody’s a abaissé jeudi 28 février , d’un cran, la note souveraine de la Tunisie (celle de la dette publique) de « Baa3 » à « Ba1 », plaçant la Tunisie dans la catégorie spéculative et n’excluant pas de la baisser encore, en raison de la crise politique que traverse le pays ainsi que de la situation des paiements extérieurs.
Moody’s a également, annoncé qu’un nouvel abaissement reste possible et que la note actuelle est placée sous surveillance.
D’après le rapport de Moody’s publié sur son site Internet, l’agence a, aussi, abaissé d’un cran de Baa1 à Baa2, le plafond des obligations de l’Etat en monnaie étrangère et de deux crans, de Baa3 à Ba2, les dépôts bancaires en devises.
En outre, elle a abaissé de « Baa3 » à « Ba1 » la note de la Banque Centrale de Tunisie ( BCT ) et l’a également placée sous surveillance.
Raisons de l’abaissement
Moody’s a expliqué cette dégradation de la note de la Tunisie par « l’accroissement du risque politique après l’assassinat du leader de l’opposition Chokri Belaid et l’effondrement du gouvernement provisoire du Khouanji ( islamiste ) Hamadi Jbèli ».
L’agence de notation a aussi, tenu compte dans son évaluation de « l’incapacité à former un gouvernement de technocrates pour accélérer la transition démocratique du pays comme l’a conseillé par le chef du gouvernement sortant », ce qui témoigne d’après le rapport de Moody’s, d' »une profonde division au sein de la coalition au pouvoir ».
Depuis l’assassinat du leader de l’opposition Chokri Belaïd ( mercredi 6 février 2013), la Tunisie traverse une crise politique qui a commencé par la démission du chef de gouvernement provisoire l’islamiste d’Ennahdha Hamadi Jbèli,(19 février).
Les négociations sont encore en cours après la désignation d’un second Khouanji ( islamiste )  Ali Larayedh le 22 février, pour la formation d’un nouveau gouvernement provisoire. « Les tensions politiques jettent un doute sur la capacité du gouvernement à gérer efficacement les affaires de l’Etat, à rétablir la stabilité sociale et à éviter une détérioration des conditions économiques déjà difficiles », a relevé le même rapport. « Le retard de l’adoption de la nouvelle constitution et la fixation du calendrier des élections » a aussi, été derrière cet abaissement d’un cran de la note souveraine de la Tunisie.
Moody’s a estimé que « ces deux facteurs sont préalables à toute reprise économique durable et que ce retard a accru l’incertitude sur la possibilité d’organiser des élections en juin 2013 comme prévu précédemment ».
Sur le plan financier, l’agence de rating a aussi, noté la Tunisie en fonction de ses fondamentaux de crédit qui se sont détériorés continuellement depuis la révolution. Elle s’attend à ce que le ratio dette/ PIB de la Tunisie, qui avait continué à baisser à 40,8% du PIB à la fin 2011, atteindra 49% du PIB à la fin 2013. Jusqu’à présent, »‘administration a été en mesure de financer les déficits jumeaux à faible coût grâce à l’appui de la communauté internationale. Toutefois, la détérioration de ces fondamentaux de crédit laisse le pays plus vulnérable aux chocs externes et internes » a encore relevé l’agence, rappelant « les négociations engagées par le gouvernement avec le FMI pour l’obtention de l’accord de confirmation à titre de précaution pour un montant de 1,8 milliard de dollars » Une continuité de l’instabilité politique aura certainement des conséquences négatives sur la reprise économique, lit-on dans le rapport de Moody’s, qui recommande au pays « des réformes structurelles telles l’assainissement du système bancaire, notamment, des prêts improductifs du secteur du tourisme », faisant remarquer que « ces réformes tardent à êtres initiées ». Moody’s pourrait encore déclasser la note de la Tunisie « si la crise se prolonge avec le risque d’inertie politique associée à un certain degré d’instabilité socio-politique ».

Ce scénario est encore possible, « si le retard se poursuit au niveau de la fixation d’un calendrier pour l’adoption de la constitution et de l’organisation des élections ».

Le risque est encouru, également, en cas « d’affaiblissement probable de paiement des dettes extérieures du pays et de la régression de réserves en devise, qui s’élèvent à 106 jours d’importations fin février 2013 ». «Le paiement des dettes extérieures pourrait, également, être affecté par une montée de la violence ou de troubles sociaux, ce qui est en mesure de décourager les investisseurs et les touristes et de nuire gravement à la balance des paiements », peut-on lire dans le communiqué de Moody’s.

Ksibi Absattar