Algérie : Chaïma , 19 ans, violée, égorgée et brûlée par son agresseur

Chaïma, 19 ans, a été retrouvée morte, violée, et brûlée près d’Alger, par le même homme qui avait tenté de la violer quatre ans auparavant. L’affaire suscite une vive émotion dans le pays.

En Algérie, c’est la consternation et l’effroi après la découverte le 2 octobre du corps de la jeune Chaïma, 19 ans, violée, égorgée et brûlée par le même homme qui avait déjà tenté de la violer quatre ans auparavant. Le corps meurtri de la jeune fille a été retrouvé dans une station-service abandonnée de Thenia (60 kilomètres à l’est d’Alger).

Selon les médias algériens, la jeune femme n’avait plus donné signe de vie depuis quelques jours après avoir été envoyée par sa famille régler une facture de téléphone en ville. Le média en ligne TSA rapporte que Chaïma «connaissait bien son bourreau pour avoir eu affaire à lui il y a quatre ans, quand il avait tenté de la violer». La jeune fille avait alors porté plainte contre son agresseur. On ignore pour l’heure si l’homme avait été condamné ou pas pour cet acte, des informations contradictoires sur ce point apparaissant dans la presse.

Il n’en reste pas moins que ce crime bouleverse actuellement l’Algérie. L’auteur des faits a tout avoué. Le média algérien Interlignes rapporte que le procureur de la République a ordonné son placement sous mandat de dépôt pour «viol, meurtre avec préméditation, abus, torture et actes cruels». Sur les réseaux sociaux ou l’affaire suscite une vive émotion avec le mot-dièse #JeSuisChaima, certains plaident le retour à l’application de la peine de mort qui fait l’objet d’un moratoire depuis 1993 en Algérie.

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Coupable d’être femme

Je sors de ma réserve car l’envie de crier est plus forte que jamais et je ne peux plus me taire .
Je vis dans un pays où quand une femme est battue on demande d’abord ce qu’elle a bien pû faire ; où quand une fille est harcelée on pointe du doigt ce qu’elle portait pour plaire ; où le viol est une culture et où la femme est objet de désir mortifère ; où celle qui ose parler est une pute et les putes sont des butins de guerre ; où la victime est coupable d’avoir entaché l’honneur de son père ; où les artistes et journalistes sont condamnés et les criminels ont la grâce salutaire.
Combien de Chaïma ont déchiré le ciel avec leurs cris et arrosé de leur sang cette terre ?
Combien de Chaïma ont été touchées contre leur gré portant les stigmates dans leur chair ?
Combien de Chaïma se sont tues par peur de leurs bourreaux et du courroux de leurs frères ?
Combien de Chaïma faut t’il pour que justice soit faite et que sèchent les yeux des mères ?
Je vis dans un pays où il est plus grave d’être une femme que d’être un monstre sanguinaire et où la société est complice et les autorités démissionnaires .
Triste monde , triste humanité .

Adieu Chaïma

Taous Ait Mezghat