La hausse du prix des céréales est le résultat des actions « destructrices » de l’Occident

L’Union européenne (UE) insiste sur un cessez-le-feu en Ukraine pour permettre les exportations de millions de tonnes de céréales, a déclaré lundi Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

La crise ukrainienne a de graves conséquences sur la faim dans le monde, a indiqué à la presse M. Borrell, à l’issue d’une réunion du Conseil des affaires étrangères avec les chefs de la diplomatie de l’UE.

« Vingt millions de tonnes de blé restent bloquées en Ukraine. Cela crée la faim, voire la famine. Il s’agit d’une tentative délibérée d’utiliser l’alimentation comme une arme de guerre », a dénoncé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, à l’issue d’une réunion regroupant tous les ministres des Affaires étrangères européens, ce lundi 20 juin. « La Russie doit cesser de jouer avec la faim dans le monde », a pour sa part averti la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna.

Il a qualifié de désinformation le fait que la Russie impute la situation aux sanctions européennes.

M. Borrell a noté que lors de la réunion à Luxembourg, les ministres ont passé en revue l’aide militaire de l’UE dont bénéficie l’Ukraine et l’aide de chaque Etat membre.

« Tous les pays membres sont impliqués dans ces efforts, et nous soutiendrons l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire. En même temps, nous demandons un cessez-le-feu qui puisse permettre les exportations de nourriture », a-t-il ajouté.

Les « actions destructrices » de l’Occident

En guise de réponse, la Russie a soutenu,  lundi 20 juin, que la hausse du prix des céréales, qui fait craindre une crise alimentaire mondiale, était le résultat des actions « destructrices » de l’Occident, et non du blocage par Moscou des exportations d’Ukraine.

« Concernant la possibilité d’une famine, de plus en plus d’experts penchent vers un scenario pessimiste (…) C’est la faute des régimes occidentaux, qui agissent comme des provocateurs et des destructeurs », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, sur Telegram.

Selon Maria Zakharova, l’Occident a fait des « erreurs systématiques » dans la planification de sa politique agricole et a provoqué une inflation mondiale avec des mécanismes financiers et monétaires « de courte vue » créés lors de la pandémie. Selon elle, la hausse des prix est aussi le résultat d’une politique de transition énergétique « mal pensée » par les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, « notamment l’introduction forcée de biocarburants ».