L’administration ne se réformera pas de cette manière , monsieur le gouverneur

Quand j’ai vu le gouverneur de Ben Arous jouer au sergent Garcia à la recette des finances relayé par une armée mexicaine de facebookers qui l’applaudissaient , je me suis rappelé un autre film dont le héros n’etait autre que Ben Ali qui jouait lui au parrain moralisateur de l’administration devant caméra aussi . Sa proie du jour, c’était un haut commis de l’état de mes connaissances, l’innocence même , convoqué d’urgence au palais de Carthage sans plus de détails. On l’introduisit dans une salle de réunion sombre où s’attablaient plusieurs ministres qui l’attendaient et le dévisageaient en silence. Une vraie procession religieuse sur l’autel du Dieu Ben Ali où l’offrande à sacrifier n’etait autre que ce serviteur de l’Etat. qui n’avait rien vu venir.

Commença alors l’inquisition retransmise à la télé. Ben Ali devait jouer le rôle du dirigeant sévère et tendre protecteur des opprimés et des éclopés de la terre. Mais sa voix rauque le trahissait et le réduisait au rôle de matou en chaleur capable de vendre le pays pour sa chatte. Il tarabustait en justicier le fonctionnaire sur des chaises roulantes qui auraient été offertes gracieusement par un mécène et qui ont été bloquées de par sa faute en douane . Bref el meskine ne savait quoi dire. Il ne realisait meme pas ce qui lui arrivait . Sacrifié sous les yeux de son ministre qui l’avait empaqueté, ligoté et livré à son maître ben ali qui le lacérait en morceaux devant les yeux résignés et lâches de tout un peuple qui acquiesçait.

C’est de retour chez lui en retrouvant sa femme et ses enfants en pleurs qu’il commençait à réaliser ce qui lui arrivait. Et C’est le lendemain dans la rue chez l’epicier, le 7ammas, le taxiste, dans la rue et face à la terre entière qu’il s’est rendu compte de l’ampleur du désastre et de sa vie dévastée avec ce sentiment que toute la planète lui crachait au visage. ( A l’époque il y avait pas encore facebook où les foules pouvaient instantanément derrière un écran dévorer les restes de proie et encenser l’ego du bourreau devenu héros et sauveur.)

Faut dire que Ben Ali, conseillé par ses technocrates de ministres et ses conseillers du palais, a dû abandonner ces méthodes contre productives ( 2 séances du genre c’est tout) . Abdelwaheb Abdallah , son filou et roi du contrôle de l’information a dû s’apercevoir en visionnant les deux épisodes que Ben Ali était un piètre acteur et que le film etait un navet de mauvais goût qui sentait le faux justicier et tordait le coup à l’administration que dirigeaient si intelligemment Mohamed Ghanouchi et ses technocrates ministres de main fe maîtres mais discrètement sans grand fracas..

Le gouverneur de Ben Arous grisé par son statut et peu rodé à la chose publique n’a lui, aucun frein, aucun conseiller pour lui dire que l’administration ne se réformera pas de cette manière , qu’il y a des lois à respecter et non des pères de famille à humilier quand on veut sanctionner un fonctionnaire fautif.

L’agitateur