Il est temps que certains médecins redeviennent des médecins!

Ali Gannoun

Ali Gannoun

Bonjour!

J’ai trop de respect pour le corps médical et je lui doit tant pour me permettre de le rabaisser ou de mettre ses compétences en cause. Ceci dit, je ne vais pas m’interdire d’attirer l’attention de certains de mes amis sur la dérive très dangereuse que certaine médecine et certains médecins commencent à prendre. J’observe que l’humain commence à disparaître chez une « bonne » catégorie d’hommes et de femmes qui devraient veiller sur notre santé. Cet humain est remplacé par une forme de course vers le profit au détriment des règles élémentaires du bon comportement et de la conscience professionnelle. Ni le malade ni sa famille se sont une vache à lait à traire jusqu’au sang pour gonfler un compte en banque ou acheter un nouveau « henchir ». Les cliniques privées qui pilulent ici et là ne sont pas spécialement la caution d’un bon soin ou d’un traitement adéquat aux milliers de patients qui les sollicitent. L’état a l’obligation de vérifier le respect des cahiers de charges qui régissent à ces établissement et de taper fort en cas d’abus ou de dépassement.
Oui, il m’arrive de comprendre cette confusion provocatrice, signe de désespoir et de mécontentement, que certains font entre le chirurgien et le charcutier. Ce n’est surement pas la blouse blanche qui est à l’origine de cette méprise: c’est l’absence de compassion, le service trop rapide et l’exigence d’être payé trop vite, trop rondement et trop en liquide.
Le délabrement des hôpitaux voulu et provoqué par des irresponsables corrompus, des syndicats véreux et des politiciens sans envergure a facilité l’implosion du système de soin étatique pour le remplacer par un privé où profiter du patient est plus important que de le guérir.
Il n y a pas que des médecins dans les cliniques privées, il y a aussi des hommes d’affaires qui ont flairé le bon tuyau pour fructifier leur argent car « l’homme paye sans compter pour sa santé ».
L’abandon de l’hôpital public n’est pas la chance du privé.
Pour une médecine efficace et de qualité, il faut rendre leur prestige aux établissements publics en investissant dans les équipements et l’infrastructure et en donnant la place qu’ils méritent aux médecins et à leurs collaborateurs (recherche, salaires et avantages). Le privé ne peut que compléter le dispositif assurant l’accès aux soins à toute la population.
Personne ne peut s’opposer à ce qu’un médecin gagne de l’argent mais tout le monde s’oppose à ce qu’il le fasse aux dépens de leur santé.
Face à une opération qui échoue, il y a des milliers qui réussissent et des vies qui seront sauvées. Le risque zéro n’existe pas en médecine, mais voir le comportement de certains dans les établissements privés n’est pas de nature à rassurer.
Par amitié et pour des raisons professionnelles, je côtoie beaucoup de médecins. Ils sont fantastiques dans la plupart des cas, mais certains ont attrapé le virus de l’argent et ce virus est très difficile à soigner. Je leur demande juste de redevenir médecin et j’essaye dans la mesure du possible de leur rappeler le serment d’Hippocrate qu’une minorité tente d’oublier trop souvent :
« Je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la médecine. Je donnerai des soins gratuits aux indigents, et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma langue terra les secrets qui me sont confiés, et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime. Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de nation, de race, de parti ou de classe sociale viennent s’interposer entre mon devoir et mon patient. Même sous la menace je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances médicales contre les lois de l’humanité. Respectueux et reconnaissant envers les maîtres, je rendrai à leurs enfants l’instruction que j’ai reçus de leurs pairs. Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses. Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y manque ».
!..AH..!

Ali Gannoun