Ghannouchi et Sadok Chourou les plus plébiscités pour diriger Ennahdha

Le 9ème congrès du parti du mouvement islamiste Ennahda a réélu Rached Gannouchi à la tête du parti avec 73,45 % des suffrages exprimés, soit 744 voix sur les 1065 voix exprimées, a annoncé, Abdellatif El Mekki, président du 9ème congrès du parti.

La deuxième place est revenue à Sadok Chourou avec 63 voix, indique la même source.

Abdellatif El Mekki, président du congrès, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée, mardi, à Tunis, a souligné que 590 personnes ont présenté leurs candidatures au mandat électif du conseil de la Choura, affirmant que 100 personnes ont été élues au titre de cette structure, avec à leur tête Sadok Chourou (731 voix), talonné par Laajmi Lourimi (721 voix).

Les cent membres élus procèderont à l’élection des cinquante membres restants, ce qui porte à 150 personnes, le total des élus au Conseil de la Choura.

Les résultats de l’élection des membres du conseil de la Choura sont préliminaires, en attendant la vérification des conditions de validité des candidatures, a-t-il précisé. Certaines personnalités élues seront remplacées en raison des problèmes de santé ou de leurs obligations, a-t-il ajouté.

Rached Ghannouchi a été réélu parce que c’est « le fondateur du mouvement » et « un symbole du militantisme capable de contribuer au maintien de l’équilibre du mouvement à l’heure où la scène nationale vit au rythme des tiraillements politiques », a-t-il expliqué aux médias.

La présidence du mouvement Ennahdha sera assurée pour deux mandats non renouvelables, à compter de ce congrès, en vue de consacrer le principe de l’alternance aux postes de responsabilité au sein du mouvement, a-t-il fait valoir.

Le mouvement Ennahdha est attaché à l’option du régime parlementaire, dès lors qu’il s’agit d’un mécanisme capable de garantir une meilleure répartition des compétences et pouvoirs entre la présidence et le gouvernement, a-t-il plaidé.

Mekki a indiqué que le mouvement, qui est ouvert sur les partis du centre, oeuvre de concert avec ses partenaires au pouvoir en vue de rapprocher les points de vue, à l’heure où la scène politique est prédominée par les alliances et les coalitions politiques.

Il a souligné que le mouvement refuse catégoriquement de traiter avec les symboles de l’ancien régime. « Le parti Ennahdha est déterminé à exclure les symboles du RCD dissous de la scène politique » a-t-il dit.

« Les concertations sur la composition du bureau exécutif du mouvement démarreront aujourd’hui, sous la supervision du Conseil de la Choura, qui se réunira pour élire le tiers de ses membres », a indiqué, Rached Ghannouchi, président élu du mouvement Ennahdha, mettant l’accent sur la nécessité de garantir une meilleure représentativité des femmes et des jeunes au sein de cette structure.

En ce qui concerne la position du mouvement Ennahdha à l’égard du limogeage de Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie ( BCT ) et son remplacement par Chedly Ayari, Ghannouchi a affirmé que « le mouvement adhère a priori à cette nomination ».

« Nous avons une bonne impression sur la personne du nouveau gouverneur pressenti et, en cas de confirmation des rumeurs sur ses relations présumées avec l’ancien régime, le mouvement agira en conséquence « , a-t-il précisé.

« Il est nécessaire de lever au plus vite l’interdiction de voyager imposée aux hommes d’affaires, afin qu’ils contribuent à la relance de l’économie nationale « , a-t-il recommandé.

Il a préconisé la révision du système éducatif de manière à ce qu’il soit en phase avec les exigences du marché de l’emploi, qui connaît une pénurie en main d’œuvre qualifiée.

Prenant la parole, Abdellatif El Mekki a présenté les principaux volets de la déclaration finale du Congrès. Les congressistes ont mis l’accent sur la nécessité de parachever les objectifs de la révolution et de faire réussir l’expérience du mouvement en tant que parti au pouvoir.

Sur le plan politique, ils ont souligné que la Tunisie a besoin plus que jamais d’un régime politique fondé sur une approche consensuelle qui garantit l’autonomie de la société civile vis-à-vis du pouvoir, la liberté de l’information et l’indépendance de la justice, et qui rompt avec l’autocratie et les tendances rétrogrades.

Les congressistes ont appelé également les instances dirigeantes issues du 9ème congrès à prendre une décision ferme sur l’exclusion des symboles de l’ancien régime de la scène politique, mettant l’accent sur la nécessité d’établir des rapports étroits avec mouvements issus des courants islamistes modérés.

Ils ont également plaidé en faveur d’un cadre juridique pour la finance islamique, la réduction du recours à la dette extérieure et la révision du système fiscal en vigueur.

Les congressistes considèrent que le parachèvement des objectifs de la révolution commande de diffuser la culture de la révolution, de favoriser le consensus politique et de réduire les disparités régionales.