Pour « Nidaa Tounes » la femme tunisienne s’est libérée « habba man habba wa kiriha man kariha »

La jeune championne tunisienne Ons Jaber,s’écria les larmes aux yeux lors de la première rencontre organisée par la commission femmes au siège du parti « Nidaa Tounes » à l’occasion de la fête de la femme ( 13 août ): « Jamais je n’aurais imaginé qu’après la révolution du 14 janvier , au lieu de m’intégrer dans le combat pour la parité, l’amélioration de la position des femmes dans les sphères de décision et la défense des droits syndicaux, de me trouver ,là devant vous aujourd’hui,à appeler à préserver les acquis du Code du Statut Personnel ( CPS ) initié par le leader Habib Bourguiba »  . »C’est un retour en arrière désolant, c’est insensé, un acquis est un acquis, on n’y revient pas » inciste-telle.

Cette rencontre fut l’occasion d’annoncer la création au sein du parti de la commission «Egalité/Parité». Une occasion aussi pour Béji Caïd Essebssi, ancien premier ministre et président du parti de montrer ses griffes en déclarant à l’ouverture de la rencontre : « Les acquis des femmes en Tunisie sont une ligne rouge que personne ne doit franchir et si nous devons nous battre pour les préserver, nous n’hésiterons pas un instant à le faire« .

Résolument tournées vers le futur, les femmes tunisiennes porteuses de changements et d’espoirs ont été pendant longtemps un exemple dans le monde arabo-musulman et «C’est le peuple tunisien qui a institutionnalisé la libération des femmes par le CSP, Bourguiba en était l’artisan mais il a exprimé la volonté de tout un peuple et on ne reviendra pas la dessus « habba man habba wa kariha man kariha » (Qu’on le veuille ou non) a martelé Béji Caïd Essebsi

Rétrogrades ! C’est ainsi qu’Essebsi a traité ceux qui œuvrent à faire marche arrière des droits de la femme. Faisant allusion à l’article 28 proposé par les islamistes d’Ennahdha dans le cadre du projet de loi constitutionnelle de la commission des Droits et des Libertés à l’Assemblée Constituante, il tonna : «La Tunisie a toujours été un phare dans la région par sa dimension progressiste et moderniste. Au 21ème siècle, il n’est nullement question de priver la société de sa moitié ou de l’asservir. Les Tunisiennes sont arrivées là où elles sont maintenant par des luttes et des sacrifices, il n’est pas question de les réduire à un simple complément de l’homme. Comment peut-on même en avoir l’idée ?… ». Béji Caïd Essebssi a profité de l’occasion pour rappeler que lorsque le drapeau tunisien a été descendu par un salafiste, c’est une jeune étudiante Khaoula Rachidi qui l’a de nouveau hissé.

La jeune Tunisie, sortie fraichement de la colonisation avait accordé la primauté aux droits des femmes avant même l’éducation qui représentait une priorité absolue pour le pays a tenu à préciser le président de Nidaa Tounes. Et ce n’est pas l’histoire qui le démentirait car pour Bourguiba, fondateur de la Tunisie moderne : «Rien ne devait être négligé pour renverser enfin le mouvement de la roue qui ravalait la femme, depuis des siècles, à la condition d’un être méprisable ou d’un objet sans prix …..C’est pour cette raison qu’il fallait donner la priorité absolue au problème de la femme» disait-il.

Parce que les femmes ont, de tous les temps, joué un rôle important dans notre pays, on y fête deux journées qui leur sont proprement dédiées, celle du 8 mars et celle du 13 août date anniversaire de la promulgation du CSP et une journée où c’est toute la nation qui fête les femmes. Un 13 août qui promet cette année d’être mouvementé car une grande manifestation s’y prépare ce lundi pour célébrer la fête des femmes et appeler à consolider leurs acquis.

Pour Samah Damak, de Nidaa Tounes, beaucoup reste encore à faire et la parité n’est pas pour demain. «Nous voulons être des alliées et des parties prenantes dans le développement socio-économique du pays et des actrices dans ses orientations politiques. Ce que nous désirons, est favoriser l’insertion économique des femmes, renforcer leur positionnement politique et lutter contre toute forme de discrimination à leur égard»

Les acquis des femmes en Tunisie sont-ils réellement menacés par un rebond d’idéologies islamiste rétrograde et de dogmes qui sont bien loin ,trop loin ,de l’esprit d’ouverture et de tolérance prôné par notre religion ,l’Islam ?

Le leader Habib Bourguiba déclarait ,des décennies auparavant : «Nous ne saurions oublier que nous sommes des Arabes, que nous sommes enracinés dans la civilisation islamique, pas plus que nous ne pouvons négliger le fait de vivre la seconde moitié du vingtième siècle. Nous tenons à participer à la marche de la civilisation et à prendre place au cœur de notre époque».