Maroc : Manifestations pour sauver les libertés individuelles

non à un maroc de terreurPour dénoncer l’atteinte aux libertés individuelles au Maroc, une « Journée nationale pour nos libertés individuelles » a été organisée lundi 6 juillet dans plusieurs villes du royaume.

La communauté « Mettre une robe n’est pas un crime», qui rassemble plus de 12 000 adhérents sur sa page Facebook, a lancé une « Journée nationale pour nos libertés individuelles» qui se tiendra le lundi 6 juillet à 22h 30 dans plusieurs villes du royaume (devant le parlement à Rabat, à la place des Nations Unies à Casablanca, devant le wilaya à Tanger , à Bab Doukala à Marrakech, près du Boulevard Mohammed V à Agadir).

Il s’agit d’une manifestation qui a pour objectif de montrer la « détermination à défendre » les libertés individuelles dans le royaume et pour « un Maroc de tolérance, d’égalité et de respect de l’autre »

« Nous assistons ces jours à une poussée d’extrémisme dans notre pays. En effet, une véritable armada politique, et administrative est lancée contre nos libertés individuelles et droits fondamentaux.
Notre devoir en tant que citoyennes et citoyens de ce pays est de faire face aux différentes formes d’obscurantisme qu’essayent de nous imposer quelques partis politiques et courants idéologiques.
Participons à cet événement afin de montrer notre détermination à défendre nos libertés, pour que le Maroc de la tolérance, de l’égalité et du respect de l’autre puisse enfin voir le jour.« 

A l’origine de cette manifestation, les différent événements des ces dernières semaines qui portent atteinte aux droit de l’homme et aux libertés individuelles.

« Nous assistons ces jours à une poussée d’extrémisme dans notre pays. En effet, une véritable armada politique, et administrative est lancée contre nos libertés individuelles et droits fondamentaux » peut –on lire sur les pages Facebook dédiées à cet événement par ville et dont certains enregistrent plus de 3 000 participants.

Les organisateurs se fixent comme devoir « de faire face aux différentes formes d’obscurantisme qu’essayent d’imposer quelques partis politiques et courants idéologiques ».

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Que pensent les élus islamistes du PJD

Plusieurs politiques dénoncent la poursuite des deux jeunes filles du souk d’Inezgane mais qu’en est-il des islamistes PJDistes ?

La poursuite en justice de deux jeunes filles à qui on reproche seulement d’avoir porté une robe suscite des réactions. Une pétition lancée sur internet le 22 juin a déjà recueilli plus de 19 600 signatures. Les 27 et 28 juin, des manifestants clamant « mettre une robe n’est pas un crime » ont défilé à Rabat et Casablanca. Plusieurs politiques ont critiqué publiquement ces poursuites judiciaires, telle l’élue PPS Nouzha Skalli. Qu’en est-il des membres et parlementaires PJD, parti conservateur dont le ministre de la Justice est issu ?

A l’image de la société, le parti semble aussi divisé sur la question. Le député PJD Yassine Ahjam se dit pour sa part « choqué » par cette histoire. S’il ne fait pas de commentaire sur la décision du parquet, il voit dans cet incident une tendance plus générale et inquiétante : « La société est devenue agressive. Je ne comprends pas ce qu’il se passe en ce moment avec tous ces sujets de société (Much loved, Mawazine…) ». Mais l’élu s’interroge sur l’existence d’un complot : « J’ai peur que ces attitudes soient téléguidées », explique-t-il à Telquel.ma. L’élu et membre du secrétariat national du PJD Abdelali Hamieddine nous avoue ne pas comprendre pourquoi la justice intervient dans une telle histoire alors qu’il y a « tant d’autres problèmes à traiter ». En revanche, pour lui, la mobilisation est exagérée et disproportionnée.

Circulez y a rien à voir

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose : une position partagée par d’autres membres du parti mais qui pour leur part ne semblent pas choqués par ces poursuites judiciaires. « Cette affaire d’Inezgane est une chose normale à laquelle il ne faut pas donner d’importance, ce n’est qu’un cas isolé. Si on commence à insister sur des sujets comme celui-ci, on se dirige vers un affrontement entre conservateurs et progressistes », nous confie par exemple la députée Nezha El Ouafi. Position qui se rapproche quelque peu de celle d’Amina Maelainine, autre députée PJD. Dans une publication sur son compte Facebook, la députée évoque la participation de l’un de ses collègues à la flottille de la liberté qui vient en aide aux Palestiniens et regrette qu’il n’y ait pas une mobilisation aussi importante pour le peuple palestinien que celle pour défendre les deux jeunes filles : « Vous hissez le drapeau palestinien, les autres hissent des jupes », écrit-elle.

Récupération politique à la veille des élections ou simple prise de position, plusieurs ministres issus d’autres formations politiques ont dénoncé ces poursuites. Le ministre de l’Habitat PPS Nabil Benabdellah a jugé ces poursuites d’ « inacceptables » et « honteuses ». Aux Affaires étrangères, le RNI Salahedine Mezouar se dit « préoccupé ». Dans un communiqué, il critique notamment la position des forces de l’ordre et du parquet général. Désapprobation exprimée aussi par le Mouvement populaire. Le parti membre de la coalition gouvernementale explique dans un communiqué « qu’il aurait été plus judicieux d’engager des poursuites à l’encontre de ceux qui se sont rendus coupables d’agressions caractérisées à l’encontre de ces deux jeunes femmes ». Le parti en profite même pour revenir sur les pancartes « No Bikini » installées sur une plage proche d’Agadir. Pour lui, il s’agit de « déviations ».

Selon telquel.ma