Les milices d’Ennahdha à l’oeuvre ,Place Mohamed Ali ,à Tunis

Ce mardi 4 décembre vers 14 heures le siège de la centrale syndicale UGTT à la place Mohamed Ali à Tunis a été la nouvelle cible des milices islamistes d’Ennahdha au pouvoir . Au nom de ce que les islamistes appellent à tord comité de « ptotection de la révolution » ces casseurs ,montés et acharnés ,se sont pris aux syndicalistes présents sur les lieux alors qu’ils s’apprêtaient à manifester à l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire du décès du leader nationaliste et syndicaliste Farhat Hached.

On compte plus de vingt blessés . Hfaiedh Hfaiedh, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé de la fonction publique, a été agressé..

Les heurts ont éclaté lorsque des dizaines de membres de l’UGTT commençaient à se rassembler ?Une centaine de personnes ,armés de gourdins et de bâtons ,agissant au nom de ce qu’on appelle à tord Ligues de « protection de la révolution »proches d’Ennahdha au pouvoir, a alors fait irruption place Mohamed-Ali où se trouve le siège de la centrale syndicale, agressant la foule présente à coups de bâtons et à l’aide de pierres, de couteaux et de gaz.

Les assaillants qui scandaient « le peuple veut l’assainissement de l’Union » ( echaâb youriid tathir el ittihad ), ont déchiré les affiches et les banderoles dressées sur la place et lancé des pierres, brisant plusieurs vitres du bâtiment.

Plusieurs dirigeants de l’UGTT ont été agressés dont les secrétaires généraux-adjoints Samir Cheffi et Hfayedh Hfayedh ainsi que Saïd Aïdi, ex-ministre de l’Emploi dans le gouvernement de Béji Caïd Essebsi qui a dirigé la première période transitoire. Hfayedh a dénoncé cette « agression sauvage » qui a fait dix blessés.

Il a accusé le ministère de l’intérieur d’avoir fait « la sourde oreille aux appels du secrétaire général de l’UGTT », Houcine Abassi, l’accusant de « couvrir » les agresseurs.

Intervenant sur les ondes de radio ShemsFM, Abbassi a stigmatisé l’attaque qui a ciblé les adhérents de son organisation.

« La porte de l’affrontement est ouverte »

« La porte de l’affrontement est désormais ouverte, ce sont eux qui ont l’ont voulu et personne n’arrêtera l’UGTT qui continuera à défendre la situation sociale, économique et même politique », a lancé Abassi sur un ton ferme, en allusion aux milices de Rached Ghannouchi.

Le porte-parole d’Ennahdha, Néjib Gharbi s’est, quant à lui, déclaré « étonné » par ces événements, accusant à son tour les milices de l’UGTT d’avoir attaqué les partisans du parti islamiste qui, selon lui, voulaient s’interposer pour calmer la situation.

Les affrontements ont cessé après l’intervention des forces de l’ordre arrivées par la suite.

« Ce sont des milices instrumentalisées par le parti au pouvoir et leur bras armé. C’est une honte que cela se produise à une date symbolique en hommage au martyr Farhat Hached », a déclaré Fethi Abaza, syndicaliste et enseignant.

Les syndicalistes ont ensuite entrepris une marche vers la place de la Kasbah pour se recueillir sur la tombe du leader disparu.

De légères altercations, moins graves que les précédentes, ont eu lieu là aussi entre les deux parties qu’un cordon sécuritaire veillait à canaliser.

Ces affrontements interviennent après les déclarations de plusieurs dirigeants d’Ennahdha dont Sahbi Attig qui a accusé « des syndicalistes corrompus » d’être derrière les troubles sociaux qui ont secoué la semaine dernière la région de Siliana, dans le centre de la Tunisie.

Les grèves vont se succéder jusqu’à la grève générale

Sami Tahri SG adjoint de l’UGTT chargé de la communication, a annoncé, cet après-midi  sur le plateau de France 24, qu’une grève générale sur tout le territoire tunisien, n’est pas à écarter. Cette grève viendrait en réponse aux attaques violentes perpétrées contre l’UGTT.

En outre, le bureau exécutif de l’Union Régionale a annoncé qu’une grève générale est programmée le jeudi 6 décembre dans les gouvernorats de Sfax et de Sidi Bouzid. L’Union régionale de Sfax soutient que certains syndicats ont décidé d’entamer la grève dès ce soir, il s’agit de la société des chemins de fer de Sfax, la compagnie de transport régional de Sfax, ainsi que l’Office régional de la Marine Marchande et des ports de Sfax, et ce dans l’attente d’une réunion extraordinaire de la Commission administrative qui sera tenue demain, mercredi 5 décembre 2012 à 13h.