Les médecins internes en grève ouverte de 3 jours

Les médecins internes et résidents de toutes les régions, sont entrés, mardi, en grève de trois jours pour revendiquer la sécurisation des conditions de travail.

Ce mouvement de protestation est organisé à l’appel conjoint des syndicats de base des médecins internes et résidents de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de la Confédération générale tunisienne du travail (CGTT).

Par ce mouvement, les médecins dénoncent les agressions dont sont victimes les cadres médicaux et paramédicaux dans les établissements publics, explique le secrétaire général du syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes relevant de l’UGTT, Sami Souihli.

Le syndicaliste a évoqué les violences verbales et physiques à l’encontre des internes et résidents, particulièrement dans les urgences. «A cela s’ajoute une situation professionnelle incertaine, en l’absence de statut pour cette catégorie de médecins».

Il a précisé que la demande de sécuriser les conditions de travail dans les hôpitaux a fait l’objet de plusieurs séances de travail avec le ministère de tutelle, dont la dernière en date a eu lieu ce lundi sans aboutir à un compromis.

Parmi les réclamations examinées entre le Gouvernement et le syndicat, le recrutement de gardiens après leur formation au ministère de l’Intérieur ainsi que le renforcement de la présence des forces de l’ordre pendant les gardes de nuit, en collaboration avec l’armée et la police.

Souihli impute la violence contre les professionnels de santé à la dégradation des prestations fournies dans les établissements hospitaliers. Un point de vue que partage le ministère de la Santé qui avoue aussi le manque des médecins de spécialité, notamment à l’intérieur du pays et le déséquilibre existant entre les différentes lignes de soins.

Dans le cadre de son budget complémentaire au titre de 2012, le ministère a ouvert depuis quelques temps, un concours pour le recrutement de 308 médecins spécialistes à l’intérieur du pays et de quatre mille postes d’emploi supplémentaires (entre corps paramédical et ouvriers).

Le représentant du syndicat des internes et résidents de Sfax relevant de la CGTT, Malek Maalla explique, de son coté, que les revendications des grévistes consistent en l’application des accords conclus avec le ministère de la Santé, relatifs au recrutement d’agents de garde capables de garantir le bon fonctionnement des établissements hospitaliers, parallèlement au renforcement de la présence sécuritaire dans ces structures, de jour comme de nuit.

Le syndicaliste propose, aussi, le recrutement de juristes au sein même des hôpitaux pour suivre, sur place, les affaires d’agressions dont sont victimes les employés.

En 2011, les violences ciblant les corps médical et paramédical ainsi que les établissements hospitaliers se chiffraient à 272, selon le service juridique et contentieux relevant du ministère de la santé.

Les grèves et les sit-in se sont multipliés dans les différents établissements pour demander la sécurisation des hôpitaux.

En mai dernier, les médecins spécialistes libéraux se sont joints à ce vent d’indignation, appelant les patients et leurs familles au calme, à la patience et à la retenue et aux autorités, à l’urgence de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des médecins et leur permettre de travailler dans de meilleures conditions.

Il est à rappeler qu’une commission sécuritaire permanente regroupant les ministères de la Défense, de l’Intérieur et de la Santé a été créée. Elle se réunit de façon presque hebdomadaire pour plancher sur cette question.

Par ailleurs, des caméras de surveillance ont été installées dans nombres de services, en attendant la généralisation de cette expérience qui n’a pas été très bien accueillie par le syndicat, à tous les hôpitaux.