Le sud de l’Irak est à feu et à sang : au moins 27 manifestants tués

Au moins 27 manifestants ont été tués, jeudi 28 novembre, dans la ville de Nassiriya, foyer de toutes les révoltes en Irak, situé à 300 km au sud de Bagdad. La situation a dégénéré dans la matinée, quand la police a tenté de reprendre les ponts bloqués par des manifestants antigouvernement depuis trois jours.

Le sud de l’Irak était à feu et à sang jeudi avec la mort d’au moins 27 manifestants dans la répression des forces de l’ordre et avec les attaques des protestataires contre des bâtiments officiels dont le consulat d’Iran dans la ville sainte chiite de Najaf.

Pour tenter de contenir la spirale de violence, les autorités ont limogé un général qu’elles avaient initialement dépêché pour « rétablir l’ordre » dans le sud de l’Irak, secoué depuis le 1er octobre par un mouvement de contestation inédit depuis des décennies.

Avec l’incendie du consulat iranien, le mouvement qui conspue depuis deux mois le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien a franchi un palier, après des violences qui ont fait plus de 380 morts et plus de 15.000 blessés, selon un bilan compilé par l’AFP s’appuyant sur des sources médicales et policières .

A Nassiriya, dont est originaire le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, 25 manifestants ont été tués et plus de 200 blessés en quelques heures, après l’arrivée des renforts de la police depuis Bagdad, selon des médecins. Mais les manifestants ne se replient pas. Ils ont d’abord incendié un QG de la police puis encerclé le commandement militaire de la province où se trouvent les ruines de la ville antique d’Ur. Ils ont formé par milliers un cortège funéraire aux « martyrs » dans le centre-ville, défiant un couvre-feu imposé plus tôt. Là, ils ont crié qu’ils resteraient « jusqu’à la chute du régime ». Des dizaines de combattants tribaux en armes se sont déployés sur l’autoroute venant de Bagdad, déterminés ont-ils dit, à empêcher l’arrivée de plus de renforts de la capitale.

Evoquant des « scènes de guerre » à Nassiriya, Amnesty International a accusé les forces irakiennes de se livrer à « une violence consternante » et appelé la communauté internationale à intervenir car « le bain de sang doit cesser ».

Plus au Nord, dans la ville sainte chiite de Najaf, visitée chaque années par des millions de pèlerins iraniens, la colère contre Téhéran a éclaté. Aux cris de « Iran dehors! » et « victoire à l’Irak! », des centaines de manifestants ont brûlé puis investi le consulat iranien mercredi soir. Jeudi, deux manifestants ont été tués par balles près du consulat, selon des médecins.